04.03.2007

La Revanche de "dieu"

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Dans les années 1990 le sociologue Gilles Keppel avait mis en parallèle les montée des extrémismes religieux au moyen Orient avec les extrémismes religieux aux Etats Unis..

Il appelait celà "La Revanche de Dieu" - Cela pouvait apparaitre comme celà car dieu était depuis plus de deux siècle "écarté" du discours politique.

Et là il revenait dans les discours des prédicateurs et des candidats aux élections, leur apportant ses comités de soutien, de financement, d'engagement politique désintéressé et sincère et de voix et d'élections gagnées - l'euphorie de la victoire -..

Mais ce mouvement de montée de l'extrémisme religieux a inquiété les universitaires - qui ont travaillé de 1988 à 1993, une centaine de contributions sur les extrémismes religieux ont été compilées et il é été établies 5 règles qui - ensemble - caractérisent un extrémisme religieux..

1) Les règles de la religion doivent être appliquées dans tous les domaines de la vie et doivent s'appliquer à toutes les personnes. Il n'y a pas de séparation de la sphère eglise/état, pas de séparation public/privé, pas de séparation entre vie publique et vie privée. Les "lois de dieu" doivent devenir les lois du pays.

2) Les Mâles sont au sommet : Ils sont plus grands, plus forts, ils fixent les règles et les font respecter.

3) Comme il n'y a qu'une seule règle juste, toutes les règles existantes doivent être communiquées à la génération suivante (contrôle total sur les livres de classes et les programmes d'éducation)

4) Détestation de la modernité, idéalisation d'un Age D'Or. On a fait un parallèle très juste avec le fascisme "Vaincre la modernité" est un slogan fasciste de 1941. Le fasicisme est un fondamentalisme politique "tu dois tout au parti le parti ne te doit rien" est un autre slogan fasciste de années 1940. Et le fondamentalisme peut être vu comme un fascisme religieux.

 

5)Une vue étriquée de l'histoire et de la culture : toute l'histoire et la culture se résume dans leur "vision du monde" à ,
- la permissivité et le narcissisme , le sexe sans responsabilté. Ils refusent d'aborder les problèmes globalement, en respectant les contextes des sociétés humaines..

En somme cela se résume à une vision du monde et de l'interdit, la modernité semblant dépassée, il y a un  recours au mythe, au mythe considéré comme supérieur à la réalité ou même à la vérité, à ce qui peut être expérimentalement prouvé ou vérifié....

 

Postmodernité et mythe 

Le succès réel du créationnisme en tant qu'opinion religieuse tient à cette relation profonde au mythe et à des systèmes simples et sécurisants d'explication du monde, la libre-pensée, libre examen, la liberté de conscience étant repoussés comme symboles d'un monde disqualifié.

 

La modernité se relie à l'émergence des sciences en Europe, à un souci empirique de trouver, de prouver, de démontrer, les premiers modernes comme "Giordano Bruno", "Galilée" ont vécu ce heurt , du choc entre une vision mythique d'une terre plate autour de laquelle la terre tourne (conception transmise depuis l'antiquité et dont on voit des traces dans la Bible, l'épisode de la "tentation de Jésus" ne montre t'il pas une haute montagne "d'où on peut voir tous les royaumes de la terre", l'image ne semble pas aberrante pour ceux qui l'écoutent, ce qui induit bien l'idée d'une terre plate, il n'est pas possible de voir d'un seul point tous les emplacements d'une terre ronde, et si le soleil ne tourne pas autour de la terre comment Josué a t'il pu arrêter le soleil)..

En somme le débat  le conflit entre conceptions religieuses et conceptions scientifiques empiriques et vérifiables ne date pas d'hier. 

L'origine de la Réforme se situe dans l'acceptation de ce conflit, M.Gounelle rappelle que Jean Calvin disait que tout prédicateur pouvait être contredit dans l'explication du texte biblique par un laïc qui aurait de meilleures connaissances en hébreu et grec des textes chrétiens, Erasme avait remis en cause la théologie du Moyen Age en repérant toutes les erreurs de traduction qui existaient dans la Vulgate de St Jerome (qui reste un monument littéraire). Les sciences expérimentales enrichissent les conceptions intellectuelles et spirituelle... Mais cet enrichissement ne se fait pas sans une remise en cause de ce qui existait déjà.

 

 

 


 

13.02.2007

La fin de la Démocratie Américaine et de la Démocratie tout court

La montée du fascisme chrétien et sa menace pour la démocratie




La montée du fascisme chrétien et sa menace pour la démocratie US

La montée du fascisme chrétien et sa menace pour la démocratie US" et au delà des mers"



Par Chris Hedges


Nous devons nous occuper de la montée des injustices sociales et économiques afin d'arrêter le mouvement de masse le plus dangereux de l'histoire des USA -- ou faire face à un futur fasciste sous des dehors de valeurs chrétiennes.


Le Dr. James Luther Adams, mon professeur d'éthique à Harvard Divinity School, a dit à ses étudiants que quand nous aurons son âge -- il avait alors près de 80 ans -- nous devrons tous combattre les « fascistes chrétiens. »


L'avertissement, donné il y a 25 ans, est arrivée au moment où Pat Robertson et d'autres évangélistes de la radio et de la télévision ont commencé à parler au sujet d'une nouvelle religion politique qui dirigerait ses efforts vers la prise de contrôle de toutes les institutions, dont les principaux cultes et le gouvernement. Son but déclaré était d'utiliser les Etats-Unis pour créer un empire chrétien mondial. Cet appel aux fondamentalistes et aux évangélistes pour qu'ils prennent le pouvoir politique était une mutation radicale et de mauvaise augure du christianisme traditionnel. Il était difficile, à cette époque, de prendre au sérieux une rhétorique aussi énorme, surtout à cause de la bouffonnerie de ceux qui l'exposait. Mais Adams nous a avertis contre l'aveuglement provoqué par le snobisme intellectuel. Les nazis, dit-il, n'allaient pas revenir avec les svastikas et les chemises brunes. Leurs héritiers idéologiques ont trouvé dans les pages de la bible un masque pour le fascisme.


Il n'était pas homme à utiliser le mot fasciste à la légère. Il se trouvait en Allemagne de 1935 à 1936, et il avait travaillé avec l'église souterraine anti-nazie, connue sous le nom d'Église de la Confession, guidée par Dietrich Bonhoeffer. Adams a été par la suite détenu et interrogé par la Gestapo, qui lui a suggéré de réfléchir à retourner aux USA. C'est une suggestion qu'il a suivie. Il est parti en train de nuit avec des portraits encadrés d'Adolf Hitler placés sur le contenu de ses valises pour cacher les rouleaux de films faits maison qu'il avait pris de la soi-disant Église Chrétienne Allemande pro-nazie, et des quelques individus qui bravaient les nazis, comme les théologiens Karl Barth et Albert Schweitzer. La ruse a marché quand la police des frontières a ouvert les valises, vu les portraits du Führer et les ont refermées. J'ai observé des heures durant les films en noir et blanc granuleux pendant qu'il racontait dans son appartement à Cambridge.


Adams a compris que les mouvements totalitaires se construisent sur le profond désespoir personnel et économique. Il a averti que l'exode des emplois industriels, l'appauvrissement de la classe ouvrière étasunienne, l'effacement physique des communautés dans la très grande extension de l'urbanisation sans âme et la ceinture de rouille qui se délabre, étaient en train de déformer rapidement notre société. L'assaut actuel contre la classe moyenne, qui vit maintenant dans un monde dans lequel quelque chose pouvant être mis sur logiciel peut être externalisé, serait terrifié par lui. Les histoires que beaucoup dans ce mouvement m'ont racontées au cours des deux dernières années, pendant que je travaillais sur « Fascistes Étasuniens : La droite chrétienne et la guerre contre les USA », étaient des histoires de ces échecs -- personnels, communaux et souvent économiques. Ce désespoir, dit Adams, donnera du pouvoir aux rêveurs dangereux -- à ceux qui aujourd'hui bombardent les ondes hertziennes avec un utopisme idéaliste et religieux qui promet, par la purification apocalyptique violente, d'extirper l'ancien monde scandaleux qui a mis en échec beaucoup d'étasuniens.


Ces utopistes chrétiens promettent de remplacer ce vide interne et externe par un monde mythique où, le temps s'arrêtant, tous les problèmes seront résolus. Le désespoir montant en ondulant à travers les USA, celui dont j'ai été témoin à plusieurs reprises pendant que je voyageais dans le pays, reste ignoré par le parti Démocrate, qui a abandonné la classe ouvrière, comme ses homologues républicains, pour le financement massif d'entreprises.


La droite chrétienne a leurré des dizaines de millions d'étasuniens, qui se sentent à juste titre abandonnés et trahis par le système politique, basé sur la magie au lieu de la réalité du monde -- aux visions fantastiques d'anges et de miracles, à une croyance enfantine que Dieu a un plan pour eux et que Jésus les guidera et les protégera. Cette mythologique vue mondiale, n'ayant aucun usage de la science ou de l'enquête intellectuelle impartiale et honnête, promettant que la perte du travail et de l'assurance maladie est sans importance, tant que vous êtes droit avec Jésus, présente un monde à la cohérence mensongère qui s'adresse aux désirs affectifs des disciples désespérés aux dépens de la réalité. Cela crée un monde où les faits deviennent interchangeables avec les opinions, où les mensonges deviennent vrais -- l'essence même de l'état totalitaire. Cela inclut un obscur permis de tuer, de détruire tout ceux qui ne se conforment pas à cette vision, depuis les Musulmans du Moyen-Orient jusqu'à ceux dans notre pays qui refusent de se plier au mouvement. Et cela donne opportunément les pleins pouvoirs à une oligarchie rapace dont le dieu est le profit maximum aux dépens des citoyens.


Nous vivons maintenant dans une nation où les 1 pour cent d'en haut contrôlent plus de richesse que les 90 pour cent d'en bas réunis, où nous avons légalisé la torture et pouvons enfermer les citoyens sans procès. Arthur Schlesinger, dans « Les cycles de l'histoire étasunienne, » a écrit que « les grands âges religieux étaient remarquables pour leur indifférence envers les droits de l'homme au sens actuel -- non seulement pour leur assentiment à la pauvreté, à l'inégalité et à l'oppression, mais aussi pour leur enthousiaste justification de l'esclavage, de la persécution, de la torture et du génocide. »


Longtemps avant nous, Adams a vu dans la droite chrétienne des similitudes dérangeantes avec l'église chrétienne allemande et le parti nazi, des similitudes qui, dit-il, en cas d'instabilité sociale prolongée ou de crise nationale, verront les fascistes étasuniens se lever sous l'apparence de religion pour démanteler la société publique. Il se désespère des libéraux US, qui, dit-il, comme en Allemagne nazie, disent du bout des lèvres des platitudes stupides au sujet du dialogue et de tout ce qui les ont rendus inefficaces et impuissants. Les libéraux, dit-il, n'ont pas compris le pouvoir et l'attrait du mal ou la réalité froide du fonctionnement du monde. Les Démocrates se tordant les mains actuellement, avec beaucoup se demandant comment ils peuvent tendre la main à un mouvement dont les leaders les fustigent de « démoniaques » et de « sataniques, » n'auraient pas étonné Adams. Comme Bonhoeffer, il ne croyait pas que ceux qui combattraient efficacement dans le temps de troubles à venir, un combat qui pour eux était partie intégrante du message biblique, viendraient de l'église ou des libéraux de l'élite laïque.


Sa critique des éminentes universités de recherche, avec les médias, n'était rien de moins que du mépris. Ces institutions, égocentriques, compromises par leur rapport étroit avec le gouvernement et les sociétés, ayant donné assez de pâté en croûte (sic) pour être très satisfaites, étaient peu disposées à traiter des questions morales fondamentales et des injustices de l'époque. Elles n'avaient pas le cœur à une bataille qui pourrait leur coûter leur prestige et leur confort. Il m'a dit, en plaisantant à moitié je pense, que si les nazis prenaient le pouvoir aux USA « 60 pour cent du corps enseignant de Harvard commencerait ses conférences par le salut nazi. « Mais ce n'était pas non plus une abstraction. Il avait observé des professeurs à l'Université d'Heidelberg, dont le philosophe Martin Heidegger, levant le bras avec raideur devant les étudiants de la classe.


Deux décennies plus tard, même devant la montée de l'impact de la droite chrétienne, sa prévision paraît apocalyptique. Mais les personnages influents de la droite chrétienne se sont déplacés des franges de la société au plancher de la Chambre des Représentants et du Sénat. Avant les dernières élections, 45 sénateurs et 186 membres de la Chambre ont obtenu des taux d'approbation de 80 à 100 pour cent des trois groupes de défense de la droite chrétienne les plus influents -- Christian Coalition, Forum Eagle, et Family Resource Council. Le président Bush a remis des centaines de millions de dollars d'aide fédérale à ces groupes et il a démantelé des programmes fédéraux en science, [sur les] droits de reproduction et la recherche pour le SIDA afin de rendre hommage à la pseudo-science et au charlatanisme de la droite chrétienne.


Je suspecte que Bush veuille alerter pour ne pas être plus qu'un médiocre personnage de transition, notre version de Otto von Bismarck -- qui a aussi usé de « valeurs » pour stimuler sa base à la fin du 19ème siècle et a lancé le « Kulturkampf, » mot que nous rendons par guerres de civilisation, contre les catholiques et les juifs. Les attaques de Bismarck, qui ont clivé l'Allemagne et ont fait le discrédit d'une partie recevable du discours civil de fractions entières de la société, ont préparé le terrain pour le racisme le plus virulent et la répression nazie.


La droite chrétienne radicale, qui réclame un « État Chrétien » -- où des fractions entières de la société étasunienne, des homosexuels et des lesbiennes, aux libéraux, aux immigrés, aux artistes, aux intellectuels, n'auront aucune légitimité et seront réduits, au mieux, à une citoyenneté de deuxième classe --, attend une crise, une désintégration économique, une autre frappe terroriste catastrophique, ou une série de désastres environnementaux. Une période d'instabilité leur permettra de faire passer leur ordre du jour radical, celui qui sera vendu au public étasunien effrayé comme le retour à la sécurité, à la loi, et à l'ordre, en plus de la pureté morale et de la prospérité. Ce mouvement -- le mouvement de masse le plus dangereux de l'histoire étasunienne -- ne sera pas émoussé tant que la croissance des injustices sociales et économiques qui anéantissent cette nation ne seront pas abordées, tant que des dizaines de millions d'étasuniens, maintenant enfermés dans des systèmes hermétiques d'endoctrinement par la télévision et la radio chrétienne, en plus des écoles chrétiennes, ne seront pas réincorporées dans la société US avec un futur, celui avec de l'espoir, des salaires suffisants, la sécurité d'emploi et l'aide généreuse de la Fédération et de l'État.


La destruction effrénée des États-Unis, qui se poursuit avec la bénédiction des deux partis politiques, présage non seulement de la mise au pouvoir de cette oligarchie mais aussi de la mort certaine de l'État démocratique avec la naissance du fascisme US.


 


Original : Alternet.org, Chris Hedges, le 8 février 2007

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info

08.02.2007

Chère Dr Laura


Chère docteur Laura...

Le Dr Laura Schlessinger est une vedette de radio américaine qui donne des conseils à ceux qui participent à son émission. Elle a déclaré, que du point de vue de sa religion de stricte observance : " Selon le Lévitique (18:22), l'homosexualité est une abomination, et ne peut être pardonnée en aucune circonstance."

Voici une lettre ouverte au Docteur Laura, écrite et diffusée sur Internet par une personne résidant aux États-Unis.

Chère Docteur Laura,

Merci de vous donner tant de mal pour éduquer les gens selon la Loi de Dieu.

Votre émission m'a beaucoup appris, et j'essaie de partager ces connaissances avec le maximum de gens. Par exemple, quand quelqu'un essaie de défendre l'homosexualité, je lui rappelle que le Lévitique (18:22) dit clairement que c'est une abomination. Fin du débat.

J'ai besoin de vos conseils, toutefois, sur d'autres points précis de la Loi, et sur la façon de les appliquer :

Quand je brûle un taureau sur l'autel du sacrifice, je sais que l'odeur qui se dégage est apaisante pour le Seigneur (Lev.1:9). Le problème, c'est mes voisins : ils trouvent que cette odeur n'est pas apaisante pour eux. Dois-je les châtier en les frappant?

J'aimerais vendre ma fille comme esclave, comme Exode (21:7) m'y autorise. A notre époque et à ce jour, quel prix puis-je raisonnablement en demander ?

Lévitique (25:4) affirme que je peux tout-à fait possède des esclaves, mâles ou femelles, à condition qu'ils soient achetés dans les pays alentours. Un de mes amis affirme que ceci s'applique aux Mexicains, mais pas aux Canadiens. Pouvez-vous m'éclairer sur ce point ? Pourquoi ne puis-je pas posséder de Canadiens ?

J'ai un voisin qui s'obstine à travailler le jour du Sabbat. Exode (35:2) dit clairement qu'il devrait être mis à mort. Suis-je dans l'obligation morale de le tuer moi-même ?

Un de mes amis pense que même si c'est abominable de manger des fruits de mer (Lévitique 11:10), l'homosexualité est encore plus abominable. Je ne suis pas d'accord. Pouvez-vous régler notre différend ?

Lévitique (21:20) affirme que je ne dois pas approcher de l'autel de Dieu si ma vue est déficiente. Je dois admettre que je porte des lunettes pour lire. Est-ce que ma vision doit être de 20/20, ou est-il possible de trouver un arrangement ?

La plupart de mes amis de sexe masculin se font couper les cheveux, y compris autour des tempes, alors que c'est expressément interdit par Lévitique (19:27). Comment doivent-ils
mourir ?

Je sais (Lévitique 11:6-8 ) que toucher la peau d'un cochon mort rend impur. Puis-je quand même jouer au foot si je porte des gants ?

Mon oncle a une ferme. Il viole Lévitique (19:19) en semant deux espèces différentes dans un même champ, et sa femme en fait autant en portant des vêtements de deux fibres différentes (coton et polyester mélangés). Il a également tendance a beaucoup jurer et blasphémer.
Est-il nécessaire d'aller jusqu'à alerter toute la ville afin qu'il soit lapidé ? (Lévitique 24:10-20). Ne pourrions-nous pas
tout simplement les mettre à mort par le feu et en privé, comme nous le faisons avec ceux d'entre-nous qui couchent avec des membres de leur belle-famille ?

Je sais que vous avez étudié à fond tous ces cas, aussi ai-je confiance en votre aide.
Merci encore de nous rappeler que la loi de Dieu est éternelle et inaltérable.

Votre disciple dévoué et fan admiratif,

Jim.


29.01.2007

Fascistes Américains?

American Fascists: The Christian Right and the War on America
Chris Hedges Free Press.

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Résumé du propos du livre 

Le président Eisenhower a déclaré un jour, “Notre gouvernement n’a pas de sens  à moins que l’on ne considère qu’il ne soit fondé sur une foi religieuse, et je me moque de savoir de quelle foi il s’agit”.

Les gens à propos de qui Chris Hedges écrit ont une compréhension différente ils attachent beaucoup d’importance à la religion sur laquelle le gouvernement américain est fondé et pensent que ce devrait être le christianisme – leur version du christianisme, bien sûr.

. "American Fascists: The Christian Right and the War on America"  est un appel à la résistance contre ce que Hedges voit comme les efforts de Jerry Falwell, Pat Robertson et les opérateurs de  Trinity Broadcasting Network (parmi d’autres) de transformer les Etats Unis en une nation Chrétienne.

 

Hedges n’est pas un agnostique,ni un de ces athées laïques habituel. Il connaît sa Bible. C’est le fils d’un ministre Presbytérien (Réformé Ecossais) et diplômé de la faculté de théologie de Harvard. C’est aussi un des correspondants du New York Times qui a visité plus de 50 pays au cours des 20 dernières années.

 

Dans « American Fascists » Hedges rapporte des détails fascinant sur ce qui se passe à l’intérieur des églises, des conventions et des meetings de la Droite Chétienne. Il a assisté à une conférence « Love Won Out » à Boston, sponsorisée par Focus on the Family , l’organisation de James Dobson, tenue pour guérir ceux qui « souffrent de l’homosexualité ». Il a visité le Creation Museum à Petersburg (Kentucky) ou il a trouvé un panneau décrivant l’évolution comme « Le Gros Mensonge ».

 

Hedges est aussi allé à la convention nationale des médias religieux (National Religious Broadcasters), où 5500 radios et télévisions chrétienne se rencontrent à Anaheim. Et il a participé à un séminaire de 5 jours « Evangelism Explosion » en  Floride pour apprendre les tactiques pour convertir les gens à la version de droite du Christ. Cette conférence est tenue par D James Kennedy, dont « The Coral Ridge Hour » est diffusée toutes les semaines par plus de 600 stations de télévisions.

 

Là, lui et plus de 60 personnes ont appris des techniques de représentants de commerce comme feindre l’amitié avec des convertis potentiels. Alors ils ont parlé du péché. Les aspirant évangélistes ont aussi appris que " la vie éternelle ne peut être atteinte par de bonnes œuvres, ou même une vie morale ", qu’il n’y a aucune manière d’échapper au péché, que la croyance  en Jésus est le seul chemin vers la vie éternelle.

 

Mais le message central qu’Hedges et les autres ont appris à délivrer c’est que la conversion oblitère “notre peur de la mort, non seulement pour nous même, mais la peut que nous avons de perdre ceux que nous aimons” – par exemples pour des enfants ou un époux qui combat en Irak. Ceci déclare Hedges, est non seulement malhonnête mais cruel, parce que la peur de la mort ne peut être bannie.

 

Ce message est aussi dangereux, écrit Hedges, parce que le but de la droite Chrétienne est « non seulement la conversion mais aussi, finalement un recrutement dans un mouvement politique destiné à créer une nation Chrétienne, « où les libertés constitutionnelles seraient remplacées par les lois bibliques selon l’interprétation des leaders évangéliques. Kennedy s’est exprimé clairement à ce sujet “Comme les vice-gouverneurs de Dieu”, le pasteur de Floride a écrit, “nous devrons exercer la domination de Dieu et une influence sur nos voisinages, nos écoles, nos gouvernements , aussi bien que sur nos médias et nos connaissances et entreprises scientifiques ».



Hedges distingue soigneusement ce courant du Protestantisme Chrétien Evangélique connu comme « Dominionisme » du fondamentalisme traditionnel qui n’a jamais essayé de transformer le gouvernement en une extension de l’Eglise. Sous la domination Chrétienne écrit Hedges, “les syndicats, les  lois protectrices des droits civiques et les écoles publiques laïques seront  abolies et à ceux qui sembleraient insuffisamment chrétiens on retirera la citoyenneté »

 

La droite Chrétienne pourrait venir au pouvoir, suggère t’il, " si nous avions à souffrir d’une autre attaque terroriste, d’une grande crise économique ou d’un gigantesque désastre écologique ". A ce point, Hedges assène que ces Leaders Dominionistes pourraient "appeler au châtiment, à la détention et à la mise en quarantaine des gays et lesbiennes, aussi bien que des musulmans et autres non-croyants. ". Ainsi Hedges conclut que les Etats-Unis aujourd’hui sont face à une menace interne analogue à celle posée par les Nazis à la République de Weimar en Allemagne.

Les problèmes posés par cette analogie.

 
Il y a de graves problèmes avec cette analogie, d’abord la démocratie en Amérique est beaucoup plus forte qu’elle ne l’était à Weimar (Allemagne) en 1933. De plus la droite Chrétienne n’est ni aussi largement répandue qui aussi puissante que ne le suggère Hedges. Parme les Chrétiens conservateurs de la classe laborieuse, « une énorme majorité » a voté pour Bill Clinton comme président – C’est ce que prouvent les sociologues Andrew Gressley et Michael Hout dans leur dernier livre « La vérité au sujet des Chrétiens Conservateurs ». 

 

 

Une enquête de 2004 pour « Religions and Ethics News Weekly » à propos de PBS a montré que la majorité des évangéliques ont une opinion très défavorable sur Falwell et qu’un minorité significative d’entre eux sont plus concernés par leur propre emploi et l’économie que par les questions relative à l’avortement et au mariage gay et ce n’est pas comme si les Chrétiens conservateurs étaient le seul obstacle au mariage gay : Oui 85% des évangéliques blancs s’opposent au mariage gay, mais dans toute la population le chiffre est de 61%.

 

En fait les différences entre la droite Chrétienne d’aujourd’hui et les mouvements conduits par Adolph Hitler et Benito Mussolini sont plus grandes que les similitudes. Ces mouvements étaient monolithiques, porteurs d’ une seule idéologie ainsi qu’une stratégie de conquête du pouvoir par la violence ou par les élections ainsi que d’un « Culte du Chef » et du « Culte de l’Etat » « Tu dois tout à l’Etat , l’état ne te doit rien était un slogan Mussolinien des années 20 ».

Les textes chrétiens comme  "Mit Brennender Sorge " comme "La déclaration de Barmen" ont caractérisé ces mouvements comme anti-chrétiens.

Hitler était plus païen que Chrétien. Les violences urbaines étaient la tactique favorite des chemises noires de Mussolini ; la droite Chrétienne a focalisé sa stratégie sur des manifestations non-violentes à l’extérieur des cliniques qui pratiquent des IVG (pas toujours, il y a eu des cas de violences délibérées et caractéristiques) et sur les changements des lois au moyen du bulletin de vote. Et il y a une grande différence entre le soutien des lois qui s’opposent au mariage gay et mettre les gays  dans des camps de concentration. Il n’existe pas  (aujourd'hui) de camps de concentration pour gays ou musulmans aux Etats-Unis.

 

Néanmoins Hedges conclut que la droite Chrétienne « ne saurait plus longtemps être tolérée” parce qu’elle “détruit la tolérance qui permet qu’une société ouverte soit rendue possible”.. Que pense t’il donc qui devrait être fait ? Il assume le point de vue que “tout mouvement qui prêche l’intolérance se place de lui-même hors la loi, » et que donc nous devrions traite toute incitation à la haine, à l’intolérance et à la persécution comme criminelle. Ainsi il rejette la protection du premier amendement en faveur de la liberté de parole et de religion ainsi que les jurisprudences qui n’autorisent les poursuites que si des discours sont une menace imminente pour des personnes données.

 

Hedges plaide pour l’adoption de lois qui sanctionnent les appels à l’intolérance et à la discrimination mais il n’explique pas bien comment cela pourrait fonctionner. Beaucoup de pays prohibent les « discours de haine ».

Le déni de l’ holocauste est un crime en Allemagne, Autriche, en France et dans d’autres pays européens, de même les propos racistes tenus contre une communauté. Mais est ce que  cela signifie que Hedges souhaite que les Chrétiens fondamentalistes soient poursuivi pour avoir déclaré que les humanistes laïques sont des suppôts  de Satan ? Il ne dit rien à ce sujet.

 

Poursuivre Pat Robertson (qui a déclaré un jour qu’il fallait assassiner le président Hugo Chavez du Venezuela et est – sous l’effet de la pression – revenu sur cette déclaration), aurait il une autre conséquence que d’en « faire une victime  de la démocratie et de la liberté d’expression», de lui attirer plus de sympathie et de soutien.

La solution n’est pas d’interdire les discours, mais d’en faire plus. Contre argumentez !! Affrontez vos opposants, combattez leurs arguments par de meilleurs arguments, défiez les aux élections avec des candidats solides. C’est la seule voie qui existe pour préserver la tolérance que Hedges souhaite tant. Et les résultats des élections partielles semblent montrer que cela marche.

07.08.2006

Contre l'interprétation littérale de la Bible


Angleterre, Pays de Galles, Écosse

 

Mise en garde des évêques catholiques
contre l'interprétation littérale
de la Bible

 

Gilles Castelnau
 
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16 octobre 2005


Les évêques catholiques viennent de présenter à Rome un document pastoral faisant remarquer que l'on ne peut prendre toute la Bible au pied de la lettre, ce qui s'oppose aux conceptions des évangéliques.

« Nous ne devrions penser trouver dans l'Écriture une véritable valeur scientifique ou une précision historique absolue », disent-ils.

Certains chrétiens veulent comprendre littéralement le récit de la création tel qu'il se trouve dans la Genèse. Ils souhaitent le voir enseigner dans les écoles parallèlement à la théorie de l'Évolution de Darwin et croient que le « dessein intelligent » est une théorie également plausible de l'origine du monde.

Les évêques soulignent que les 11 premiers chapitres de la Genèse où se trouvent justement les deux récits de la création sont parmi ceux que l'on ne peut pas considérer comme « historiques ».

Ils disent leur reconnaissance au travail des biblistes dans la mesure où il faut être conscient que la Bible est « la Parole de Dieu exprimée dans un langage humain » et qu'il convient d'attacher autant d'importance à ses deux dimensions divine et humaine.

L'Église doit dire l'Évangile « d'une manière compréhensible et intéressante pour nos contemporains, adaptée aux temps nouveaux qui sont les nôtres ».

Les textes bibliques concernant le salut des hommes sont vrais, mais « nous ne devons pas nous attendre à une totale exactitude dans les autres domaines ».

Ils condamnent le fondamentalisme pour son « intransigeante intolérance » et ils avertissent des « réels dangers » de l'attitude fondamentaliste, par exemple « lorsque des groupes ou même une nation entière croit trouver dans la Bible la preuve de leur supériorité et se croient dès lors autorisés à user de violence à l'égard des autres ».

 

Les évêques donnent comme exemple de passages bibliques qui ne doivent pas être pris au pied de la lettre, les premiers chapitres de la Genèse. Ils les comparent aux anciennes légendes de la création du monde des cultures voisines de l'ancien Moyen Orient. Ils considèrent que le but évident de ces chapitres était un enseignement religieux et non pas historique.

Il en est de même avec le livre de l'Apocalypse dont on ne peut penser qu'il décrit les événements actuels.

« Un tel langage ne se prête pas à une interprétation littérale. Il est imagé et doit être pris pour ce qu'il est. On ne peut y découvrir le détail des événements de la fin du monde, la manière dont elle arrivera et le nombre des sauvés »

La préface à ce document pastoral est signée des deux plus anciens évêques du pays, le cardinal Cormac Murphy-O'Connor, archevêque de Westminster et le cardinal Keith O'Brien, archevêque de Saint-Andrews et d'Edimbourg. Ils y mentionnent la quête de nos contemporains pour des motifs d'assurances de valeur et dignes de foi.

Cet enseignement prend place dans les célébrations commémorant le 40e anniversaire du document Dei Verbum du Concile de Vatican II, qui explique le rôle de l'Écriture dans la Révélation. Durant ces 40 années, les catholiques ont, plus que jamais, appris à aimer la Bible. « Nous l'avons redécouverte comme un précieux trésor, à la fois ancien et toujours nouveau ».

 

« The Times »

Traduction Gilles Castelnau

http://castelg.club.fr/gc146.htm

 

 

21.06.2006

Le Pentecotisme Brésilien en Terre Africaine

medium_tongues-anointing-oil.jpgAndré Mary

Le pentecôtisme brésilien en Terre africaine

L’universel abstrait du Royaume de Dieu*

 

 

L’effervescence religieuse de la mouvance évangélique ou pentecôtiste qui se répand depuis les années 1980 dans le milieu urbain africain doit beaucoup aux stratégies de visibilité de certaines formes de prosélytisme religieux (banderoles, affiches, enseignes, investissement des médias).

 

Un tel activisme tapageur ne doit pas conduire à ignorer l’ancienneté de certaines implantations pentecôtistes sur la terre africaine, comme celle des Assemblées de Dieu (dans les années 1930), et la longue durée dans laquelle s’inscrivent les « réveils » protestants et les processus de conversion des populations. Il faut corriger également le schéma d’une pentecôtisation qui irait du centre vers la périphérie (du Nord vers le Sud), en imposant une culture religieuse homogène (principalement nord-américaine), puisqu’on observe un mouvement inverse qui conduit un christianisme réactivé par les visions de pasteurs prophètes africains à investir, par le biais des migrations, les capitales européennes ou américaines (Églises pentecôtistes ghanéennes à Amsterdam, Églises prophétiques congolaises, béninoises ou nigérianes à Paris ou à Londres). Dans le même temps — et cette fois dans un véritable chassé-croisé Sud-Sud — les villes africaines (Abidjan, Accra, Lagos, Douala ou Libreville) deviennent les terres de mission de pasteurs d’Églises pentecôtistes brésiliennes ou coréennes, alors même que les religions néo-africaines (Église yoruba ou cultes néo-vodu) continuent à profiter de leur prestige auprès des Africains Américains.

Illustration parmi d’autres de cette dimension polycentrée de la globalisation du pentecôtisme, le continent africain constitue depuis septembre 1992, date de la première « Palavra de Deus » engagée par l’évêque Gonçalvès, une terre de conquête pour l’Église Universelle du Royaume de Dieu (EURD), une Église fondée en 1977 par E. Macedo au Brésil et qui s’est imposée en 20 ans comme l’une des plus grandes Églises évangéliques du pays (Mariano 1998).

 

Depuis 1986, date de l’installation de son fondateur aux USA, le projet d’expansion mondiale de cette Église dans le monde entier est largement engagé, et en dehors de l’Amérique latine qui reste son lieu d’implantation principal, et de l’Asie, l’Afrique représente une terre de mission privilégiée. Il faut dire que l’Afrique reste dans l’imaginaire brésilien un des hauts lieux du fétichisme et des puissances païennes, mais constitue aussi pour le mouvement pentecôtiste international un front de lutte contre le danger de l’expansion de l’islam (du Nord vers le Sud). La campagne poursuivie en janvier 1993 par le très médiatique évêque et chanteur Marcelo Crivella, responsable au Brésil d’un vaste projet de développement agricole du Nord-Est, a conforté cette percée de l’EURD en Afrique.

 

La stratégie missionnaire de l’Universelle est d’abord passée par les pays lusophones, Angola et Mozambique, puis par l’implantation dans les pays anglophones : particulièrement l’Afrique du Sud, province d’East London, Soweto, aujourd’hui la plus forte implantation1 ; le Botswana, dans la capitale Gaborane ; l’Ouganda (avec quatre temples à Campala et un projet d’antenne de télévision de Rede Record), et le Kenya. Dans les pays africains francophones, c’est le Gabon (Libreville) et surtout la Côte-d’Ivoire (Abidjan), où l’Église s’implante simultanément en 1995, qui représentent les têtes de pont à partir desquelles ont été investis le Congo Brazzaville, le Cameroun et le Togo. Quelques pasteurs de l’Église « Deus e Amor », d’origine également brésilienne, ont emprunté dans le même temps les mêmes chemins, mais avec un succès plus restreint, abandonnant finalement le terrain comme au Gabon à une Église locale, l’Église du Réveil de l’Esprit (Mary 2000 : 143-163). L’entreprise missionnaire de l’Universelle est l’œuvre de pionniers, tous évêques brésiliens, comme le bishop Edmar Alvès de Campala ou l’évêque Flavio d’Abidjan2.

 


Une stratégie de visibilité : délivrance et bienfaisance

La stratégie, en Afrique comme au Brésil, est urbaine : la moitié des temples de Côte-d’Ivoire sont dans la capitale (une quinzaine) mais l’autre moitié est aussi implantée dans les villes de l’intérieur, surtout à Bouaké (3 temples) et à San Pedro (3 temples). Les trois implantations principales du Gabon sont à Libreville (Kinguele, Lalala, et PK 8). L’investissement initial consiste à louer ou à s’approprier certains lieux privilégiés comme les salles de cinéma.

 

Abidjan en est l’illustration exemplaire : cinéma Magic à Marcory, cinéma Liberté à Adjamé (220 logements), cinéma La Paix à Toit Rouge et à Abobo gare, cinéma Aboké à Adjouffou, cinéma Kabadougou à Yopougon, et même à l’extérieur d’Abidjan, cinéma Capitole à Dabou, etc. Il s’agit de marquer de façon spectaculaire par le choix des lieux de culte la volonté d’investir les espaces voués jusqu’alors aux pratiques diaboliques, à la débauche, de reconquérir pied à pied le monde pour assurer la victoire du Christ contre l’Église invisible (mais sans aller jusqu’à détruire les églises et statues catholiques comme a pu le faire le ministère spirituel des Soldats de Dieu3). À Adjamé, le siège de l’EURD d’Abidjan, le cinéma continue, non sans ironie, à fonctionner en sous-sol, avec ses affiches et ses films d’aventure et de violence, pour respecter une exigence du propriétaire.

 

L’Église investit aussi, comme à Libreville, d’autres carrefours stratégiques comme les gares routières, les marchés, les terminus de bus, les stations d’essence, et s’efforce d’être présente dans tous les quartiers, même les plus aisés, comme Riviera II. Ce qui a beaucoup impressionné la population et contribué à l’image de l’Église, ce sont les prix élevés des locations (3 millions de Francs CFA par mois, dit-on, pour le temple cinéma d’Adjamé, 220 logements). Les responsables de l’Église cherchent à acheter certains bâtiments mais les réticences et les oppositions sont fortes surtout lorsque les locaux, à Abidjan comme à Lisbonne ou à Paris, sont des lieux hautement symboliques de la culture locale. Le grand projet, comme au Brésil, c’est une « cathédrale », à l’image de celles de Rio, de Sao Paulo ou de Bahia, une construction prévue à Abidjan, sur Adjamé, mais dont le terrain est tenu soigneusement « secret ».

La stratégie d’occupation intempestive d’espaces de grande visibilité et les coûts impressionnants (vus d’Afrique) qu’elle représente ont immédiatement encouragé toutes les rumeurs possibles sur l’argent occulte de cette Église « pompe à fric » ou sur les procédés de « vampirisation des fidèles » (dîme, offrandes, et autres). Les premiers articles de la presse à scandale multiplient les témoignages de surenchère dans l’appel aux promesses du don : l’invitation à recouvrir de billets de banque le corps allongé d’un malade, d’abord avec des billets de 10 000 Francs CFA, puis de 5 000, et de 1 000, selon un dégradé subtil couramment utilisé ; ou encore la vente d’eau bénite par un certain pasteur Gomez revenant de la Terre d’Israël grâce aux dons des fidèles.

 

Il est significatif que les premières communautés africaines d’Abidjan attirées par cette « Église de miracles » ou cette « Église magique », dont les adeptes portaient un collier de ruban rouge au poignet, étaient des Nigérians qui ont vu dans cette nouvelle offre religieuse émanant d’étrangers richissimes une « affaire de business ». En Côte-d’Ivoire, l’EURD n’a pas été impliquée (comme au Brésil) dans quelque scandale financier (on s’interroge seulement sur les raisons du départ précipité du pasteur Gomez aux lendemains même du coup d’État de décembre 1999, la rumeur laissant entendre, suivant l’expression locale, qu’il aurait « mangé », autrement dit détourné ou abusé des fonds). À Libreville par contre l’implantation de l’Église est dès le départ marquée par le conflit de pouvoir (et l’enjeu financier) qui a opposé l’évêque Flavio à un pasteur sud-africain séparatiste (l’Église affiche aujourd’hui plus de 200 pasteurs sud-africains). La gestion très centralisée des ressources que pratique l’EURD se heurte à la « politique du ventre » qui est la règle dans toutes les Églises africaines (Bayart 1989).

Pour corriger son image dans l’opinion publique, l’Universelle s’est lancée, un peu partout en Afrique, dans le développement local de son Association de bienfaisance chrétienne (ABC, introduite au Brésil en 1994), ou dans des Centres d’aide qui apportent par des actions ponctuelles sur la voie publique un secours aux « personnes démunies », aux miséreux, aux enfants handicapés, etc.

 

Des dons de sang sont aussi organisés au sein même des églises et intégrés à la liturgie. L’enseigne ABC est désormais aussi importante dans la politique d’affichage de l’Église que le logo de la colombe blanche sur un cœur rouge ou la formule du fronton des temples : « Jésus est Notre Seigneur. » C’est aussi la formule ABC rurale, initiée au Brésil par Marcello Crivella dans le cadre du projet Nord-Est, qui préside aux campagnes d’évangélisation organisées à l’intérieur des pays africains, comme la grande Réunion de Foi animée dans le Nord du Gabon par un des premiers pasteurs ivoiriens, Issiaka Karaboué, actuel responsable de l’EURD au Gabon. La politique de la bienfaisance va de pair désormais avec les promesses de la délivrance.

L’investissement des médias, radios et chaînes de télévision, qui a été une des clés de la réussite de l’Universelle sur le terrain brésilien, se heurte en Afrique, surtout dans les pays francophones, à de sérieuses résistances. Si l’ouverture d’une antenne de Rede Record est pensable dans un pays comme l’Ouganda, il n’en va pas de même à Libreville et Abidjan où les régimes politiques (de Bongo à Gbagbo) conservent le contrôle des médias et excluent à ce jour toute privatisation des chaînes télévisées.

En Côte-d’Ivoire, seule une radio associative, Radio Ngoua, installée à la mairie de Koumassi, un quartier d’Abidjan, diffuse sur un temps limité des émissions (témoignages et enseignement biblique), rien à voir avec la radio évangélique Fréquence Vie. La situation est la même à Libreville avec une heure d’antenne sur Radio Fréquence 3. Restent les feuillets ou les petits journaux distribués aux portes des églises qui sont des copies conformes des éditions brésiliennes, comme le journal Plénitude distribué en Côte-d’Ivoire (13 numéros à la date de mars 2002), plus proche en fait de l’hebdomadaire brésilien Folha Universal que du mensuel du même nom. Dans un article sur « la Pâqui baoulé » de Côte-d’Ivoire, le changement de caractère marque le simple rajout apporté à un article général sur le sens de la Pâques, deux paragraphes pour stigmatiser le dévoiement de la Pâques par des traditions locales associées à la fête des ignames…

Ces journaux, qui comportent toujours un éditorial de E. Macedo « théologien et fondateur de l’Église Universelle du Royaume de Dieu » et quelques rappels d’enseignement biblique, mettent en avant surtout les témoignages de guérison et de réussite, en un mot de « changement de vie ». Si à Rio il est beaucoup question de drogués ou d’homosexuels convertis, alors qu’à Paris sont mis en avant des problèmes d’immigrés clandestins et de « papiers » (visas et cartes de séjour), en Afrique la solution à « tous les problèmes » concerne de façon dominante la stérilité et la maladie. Mais ces témoignages circulent entre les différents lieux d’édition et comportent très peu d’indication de dates, de noms propres de lieux et de personnes : ils ont un caractère à la fois personnel et anonyme.


Une politique de la « discrétion »

Cette stratégie missionnaire de visibilité fait contraste avec ce qu’il faut bien appeler l’attitude « sectaire » de méfiance, de réserve et de fermeture qui est au principe des relations entretenues avec le monde extérieur. Le prosélytisme de rue et la permanence d’accueil vont de pair avec l’hostilité à toute demande d’informations ou d’enquêtes concernant l’Église émanant de journalistes, reporters ou chercheurs.

Tout fidèle, de même que tout pasteur, a pour consigne de refuser tout échange avec un étranger et de renvoyer toute demande d’entretien à l’accord préalable du principal responsable local, régional ou même mondial de l’Église. Dès 1986 E. Macedo intégrait dans « les dix pas du salut » la règle de l’évitement de tout échange, conversation et discussion avec des personnes qui ne partagent pas la même foi et peuvent mettre en péril, par leur absence de « discrétion », le salut des convertis et le respect dû aux leaders spirituels4. Le mot d’ordre de surseoir à toute interview « dans le monde » a été fortement relancé, en 1994, suite aux affaires judiciaires et policières dans lesquelles E. Macedo a été personnellement impliqué et même emprisonné. Le contrôle sur les fidèles et la pression sur l’individu sont donc justifiés dans l’histoire récente de l’Église par un discours de la persécution par les inconvertis, plus ou moins diabolisés, une persécution finalement vécue comme une « grâce », une chance, la promesse d’une victoire définitive sur les forces du mal.

Avec l’ère des « grandes cathédrales », on peut cependant observer au Brésil, par exemple dans la Catedral da Fé du quartier de l’Abolition à Rio (le lieu originel), une évolution significative vers une politique d’ouverture et de normalisation des rapports avec le monde extérieur. Un journal comme Folha Universal publie, aujourd’hui, des comptes rendus de thèses ou de travaux universitaires témoignant de l’expansion de l’Église dans le monde (et en premier lieu aux USA où E. Macedo a élu domicile en 1986) ou de sa contribution au développement5.

Mais la situation en Afrique francophone n’a pas vraiment évolué dans le même sens et reste très tendue. L’évêque Flavio est un homme du secret se réfugiant dans l’argument bien connu d’une spécificité des situations africaines qui imposerait plus que partout ailleurs la « discrétion », un argument qui n’est pas sans rapport avec la tradition missionnaire de l’assimilation des Noirs aux fils de Cham. E. Macedo se réfère en effet à la figure biblique de Cham, celui qui se mit à rire de la nudité de son père Noé auprès de ses frères et qui fait peser sur tous ses fils sa malédiction, pour justifier la règle du silence des fidèles et éviter toute « mise à nu » des leaders spirituels et du fonctionnement de l’Église.

La politique « discrète » de l’EURD est en effet l’envers d’une organisation mondiale très centralisée avec une nomination contrôlée et restreinte d’évêques (Mariano 1998). La politique de mutation et de mobilité constante des pasteurs consacrés, et nécessairement mariés, se retrouve pleinement dans les pays africains. Pour toute la Côte-d’Ivoire, et à partir de là pour tous les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest, un seul évêque brésilien, le fameux Flavio, dirige fermement l’Église échappant pour sa part à la règle de mobilité qu’il impose à tous ses pasteurs.

Il n’existe pas apparemment d’évêque africain francophone pour l’instant. L’équipe des pasteurs consacrés était également à l’origine fortement brésilienne, les auxiliaires et les « ouvriers » qui assurent la surveillance des cultes et prêtent main-forte au pasteur, se recrutant sur place. L’africanisation des pasteurs est désormais largement engagée, à l’image de l’Afrique du Sud, mais au départ beaucoup de pasteurs africains, dans les pays francophones, étaient en fait d’origine mozambicaine ou angolaise (avec quelques pasteurs sud-africains).

Ces pasteurs, au teint clair et au parler d’origine portugaise (l’accent étant essentiel à la tonalité de la prédication), jouent sur le mimétisme par rapport à l’identité brésilienne, sachant que pour les Africains de Côte-d’Ivoire ou du Gabon, les Brésiliens sont plutôt perçus comme des « Blancs »6. Ces pasteurs lusophones sont passés par un apprentissage intensif du français, mais leur inadaptation aux parlers locaux ou vernaculaires, leur ignorance des contextes sociaux et familiaux, parfois même leur indifférence affichée et quelque peu méprisante par rapport aux traditions africaines, ne passent pas très bien auprès des populations.

Issus du vivier des ouvriers et des pasteurs auxiliaires formés sur le tas (sans la moindre formation théologique ou biblique académique), des pasteurs, surtout ivoiriens, ont désormais en charge des temples, et un évêque devrait normalement surgir de leur rang (on pense au responsable de l’EURD du Gabon, le pasteur Karaboué, compagnon fidèle de Flavio, ou au responsable actuel de Douala, également ivoirien). Certains ont acquis une grande réputation de « puissance » auprès des fidèles entre autres parce qu’on les trouve plus proches des familles, plus sensibles à la connaissance des problèmes des gens, au sein d’une Église qui propose la solution à « tous les problèmes » au risque de n’en traiter aucun en particulier.

Mais la politique de roulement pratiquée par l’Église n’encourage pas ce genre d’ancrage local et de vie paroissiale et certains fidèles vivent mal cette Église de « sans familles », d’assemblées anonymes qui correspondent à leur vécu des « Églises de Blancs », où personne ne se connaît et ne se fréquente en dehors des lieux de culte. La relation privilégiée et fidélisée à tel ou tel pasteur n’a pas le temps de se nouer qu’elle est déjà rompue. Ainsi, sur une même église d’Abidjan (Marcory), et sur une durée de trois ans, ce sont six pasteurs qui se sont succédé : deux pasteurs ivoiriens, un pasteur angolais, deux pasteurs brésiliens, et un pasteur ivoirien d’origine burkinabè.

Les pasteurs ivoiriens circulent d’abord à l’intérieur du pays (d’Abidjan à San Pedro), puis sont régulièrement envoyés en mission dans la sous-région : tel pasteur en charge de Marcory est nommé à Douala au Cameroun, et tel pasteur de Riviera II se retrouve responsable de l’Église à Libreville ; un pasteur angolais habitué de Yopougon vient de trouver la mort à Madagascar, après un passage rapide par le Gabon. L’évêque Flavio gère en fait toute l’Afrique francophone (occidentale et centrale) comme un seul et même « diocèse » en pratiquant un roulement intensif de subordonnés qui n’ont aucune autonomie de gestion des fonds récoltés.
Faire parler les diables dans les églises

L’affichage de réunions de cultes à thème (ou à problème) se déroulant le même jour de la semaine, aux mêmes horaires, dans le monde entier, est un autre trait « universel » de l’EURD (à quelques variantes près) : vie financière et prospérité (lundi), guérison divine (mardi), étude biblique (mercredi), la famille (jeudi), la délivrance, (vendredi), thérapie d’amour (samedi), rencontre avec le St Esprit (dimanche, 3 cultes). La formule du « cinéma permanent », avec 5 à 6 séances par jour, qui a marqué les premiers temps de l’implantation de l’Église, s’est adaptée avec le temps aux contraintes des salariés du milieu urbain en s’en tenant à trois séances (tôt le matin, en début d’après-midi, et la plus importante, assumée par le pasteur principal, le soir).

Les réunions d’exorcisme du vendredi ne sont qu’une des traductions parmi d’autres du ministère de la Délivrance qui reste en Afrique comme au Brésil un des points forts de l’action de l’Universelle et de son succès populaire. La lecture démonologique du « chaos du monde », véhiculée par les traités de E. Macedo, s’inspire autant de la démonologie fondamentaliste nord-américaine que de l’héritage des cultes afro-brésiliens.

Elle fait directement écho à l’imaginaire de la sorcellerie et de la possession qui préside à l’interprétation du malheur et de la maladie dans le contexte africain, un imaginaire réactivé et entretenu par la diffusion populaire de récits de voyage dans le monde du Diable. Si la mondialisation de l’Universelle peut se heurter au défi de cultures ou de sociétés qui ignorent « ce qu’est le mal », ou du moins qui sont étrangères au monde des esprits et des démons, et plus particulièrement aux orisha et cabocles des cultes afro-brésiliens7, on peut penser que l’Afrique, par contre, n’a rien à apprendre sur ce plan et peut se passer d’instituteurs. N’est-elle pas la matrice de cette mise en forme du mal qui fait en quelque sorte retour sur ses terres d’origine ?

Mais l’Afrique ne se réduit pas au monde yoruba ou kongo, et, face aux défaillances invoquées ou supposées de la mémoire collective des populations urbaines africaines, une des priorités de la mission de délivrance des « pasteurs docteurs » de la mouvance évangélique et des prêtres charismatiques, experts en sorcellerie, a été, dès le départ, à la manière d’E. Macedo (2000) lui-même8, la rédaction de traités de sorcellerie et de démonologie. L’inculcation de l’existence avérée du Diable et la connaissance précise de ses pratiques sont en effet la condition première de la foi agissante dans la solution à tous les problèmes.

La thématique de la « délivrance » associée au plan individuel à l’exorcisme et aux promesses de guérison divine et miraculeuse, et dans sa dimension collective à la guerre spirituelle et à la libération des forces maléfiques, est, désormais, appropriée par toutes les Églises prophétiques, évangéliques ou charismatiques.

Chacune se doit d’avoir un ministère ou un « centre de délivrance » qui prend souvent le relais des communautés thérapeutiques traditionnelles. Le ressort du succès brésilien autant qu’africain des pratiques de délivrance de l’Universelle se trouve dans la manière dont les pasteurs font entrer en scène et donnent droit de cité, au sein même de l’Église, aux esprits, sorciers, ou génies.

Dans les séances collectives et programmées de « possession » ou d’agitation des esprits, organisées dans la plupart des centres de délivrance, les démons se « manifestent » essentiellement par la médiation du langage des corps qui tremblent, crient, hurlent, se tordent et s’affaissent sur le sol, jusqu’à ce qu’ils soient chassés par les injonctions et l’imposition ferme des mains du pasteur agissant « au Nom de Jésus ».

L’art des pasteurs animateurs de l’Universelle consiste à donner la parole aux diables, autrement dit à engager un dialogue (quelque peu ventriloque) avec des esprits invités à sortir du registre des cris et des grognements et à articuler un discours répondant aux injonctions des pasteurs. Le rituel fait ici, comme au Brésil, de l’identification de l’esprit, sommé de dire son nom, un enjeu capital de la délivrance (Boyer 1996).

Dans le contexte brésilien, la médiation symbolique des dieux, orisha ou cabocles, du panthéon afro-brésilien, permet de répondre à l’exigence de nomination martelée par les invectives du pasteur. En Afrique, c’est la médiation des esprits ancestraux qui prend le relais des esprits indiens ou africains du Candomblé brésilien, mais les « maris mystiques » ou les « mamy wata » sont aussi largement convoqués. Une telle consultation oraculaire et divinatoire, pratiquée « au Nom de Jésus », s’accorde assez bien avec le dispositif rituel des cultes de possession traditionnels où l’identité du sujet possédé se confond justement avec celle du génie ou du dieu qui l’habite et qu’il s’agit de nommer, moins pour l’expulser que pour mieux le domestiquer.

Dans le contexte ivoirien, le rapprochement s’impose avec les célèbres « confessions en diable » ou « en double » organisées par le prophète Atcho de Bingerville (Zempleni 1975), puisque dans la mise en scène de l’exorcisme, le dédoublement de la personne possédée ménage la cohabitation de l’accusation de l’autre qui la possède et de l’aveu du coupable qui parle par la voix caverneuse du possédé, ce qui permet de faire l’économie de la culpabilité et de la responsabilité de l’accusation. Le dispositif cultuel et médiatique (les témoignages sont radiodiffusés) de la délivrance à l’Universelle reste par contre prudemment à distance des procédures d’aveu provoqué ou de confession ordalique des cultes anti-sorcellerie qui débouchent sur la désignation publique, plus ou moins directe de l’autre sorcier, généralement un membre de l’entourage de la victime (sœur, oncle, époux) invité à avouer ou à participer à une séance de « conjuration familiale » du mal (Mary 2000).

Le traitement individualisé des sujets agités par des équipes mobiles d’ouvriers ou d’auxiliaires usant de techniques du corps appropriées, ou le regroupement collectif devant l’autel de la masse des corps affalés sur le sol, que l’on retrouve dans toutes les Églises de délivrance, laisse place de plus en plus au sein de l’Universelle, en Afrique comme au Brésil, à un traitement didactique de cas types convoqués sur l’estrade et soumis au questionnement édifiant du pasteur, une sorte de leçon d’introduction, par l’exemple, au monde des esprits.

Ce soir, dix-neuf sont annoncés par la voix du possédé, mais on n’en traitera que sept qui sont un à un invités à se manifester et se singulariser par tel ou tel geste imitatif, par leur voix ou par leur mode d’action maléfique. Le public participe activement à la scène et est invité à se mobiliser avec force, cris et gestes pour chasser les démons « attachés ». Dans ces moments de déchaînement collectif d’agressivité sur un bouc émissaire, montré du doigt ou exhibé sur l’estrade, le pasteur contribue activement à exacerber la haine de l’autre maléfique : en vociférant dans le micro, en s’agitant en long et en large, en mouillant sa chemise et en transpirant à grosses gouttes.

Mis à part le corps à corps des ouvriers ou des pasteurs avec certains corps ou esprits particulièrement récalcitrants qu’il faut maîtriser, la violence de la mise en scène est essentiellement verbale mais bien éloignée de l’esprit du pardon : « Ce soir, c’est la guerre ! Celui qui veut me tuer, je le tue, je l’extermine » (et la foule répète).

L’émotion collective est canalisée par des gestes ritualisés : tendre les mains vers le sujet possédé ; écarter en agitant les mains les esprits impurs ; taper des pieds sur le sol pour écraser la chose. Une telle violence symbolique n’est pas incompatible avec une certaine parodie : des sketchs miment l’enchaînement aux puissances du mal et la délivrance. Les fidèles eux-mêmes sont dans l’ensemble rodés aux gestes à accomplir, aux formules à répéter, aux cris à déployer ; certains trouvent à plaisanter, une fois la tension retombée. Cette gestion des rythmes corporels, ce ménagement des transitions émotionnelles, est le grand art des pasteurs de l’Universelle.
Les chaînes de libération

Prolongeant les séances ponctuelles de délivrance des démons et la répartition thématique hebdomadaire (quelque peu formelle), les « chaînes de prière » (les correntes) et l’imaginaire des « chaînes » qu’elles véhiculent (« Brisez les chaînes de la malédiction ») constituent une autre clé de l’impact de l’Universelle sur le marché africain de la délivrance. Toute la force de cet imaginaire est solidaire de son ambivalence.

D’un côté les « problèmes » de l’individu sont censés être fortement liés aux chaînes diaboliques, les « chaînes de la malédiction », dans lesquelles il est pris, « attaché » et qui le retiennent, éventuellement par le biais des liens les plus proches, familiaux notamment. De l’autre, l’Église invite à rejoindre et à participer à des chaînes de libération spirituelle, avec force, offrandes et dons, et surtout présence et suivi des enchaînements de séance sur plusieurs semaines. L’efficacité attendue dans la solution des problèmes est subordonnée à l’entrée dans la chaîne et au suivi du scénario de la dramaturgie mise en scène.

La liturgie mobilise en effet tout un imaginaire millénariste d’inspiration biblique qui est aussi un instrument de fidélisation des miraculés et des baptisés. « Si votre problème est : Chômage, Blocage Financier, Dette, Misère, Pauvreté, etc. Venez traverser la Mer Rouge, ce samedi à 19 h. » En parallèle, ou plutôt au cœur des cultes qui ponctuent le quotidien des jours et des semaines, les fidèles sont amenés à vivre d’une séance à l’autre, d’un dimanche à l’autre, sur des périodes données (notamment dans la période précédant Noël et le passage à la nouvelle année), comme s’ils y étaient vraiment et pleinement, toute l’aventure, le drame, avec ses rebondissements, d’un voyage en Terre d’Israël et la montée au Mont Sinaï de 12 évêques de l’Église porteurs du « manteau » des enveloppes contenant les vœux de tout un chacun.

La Bible n’est jamais citée que de façon très rapide et allusive, quelques fragments ou formules suffisent pour relancer l’imagination des fidèles et la puissance discursive de la prédication du pasteur. Les Églises africaines reprochent souvent aux pentecôtistes de ne pas avoir de « liturgie », et de fait, comme l’observe Leonildo Campos, à l’Universelle la liturgie se transforme en « une dramaturgie dont le pivot est le “pasteur-acteur” qui, par ses paroles et ses gestes, tente d’intégrer tous ceux qui sont là au processus d’extériorisation/intériorisation collectif de la foi » (Campos 1997 : 94).

Mais le montage renouvelé d’éléments de décors appropriés sur l’estrade (murs de Jéricho ou autres) et la chorégraphie des déplacements collectifs des fidèles (particulièrement soignée dans les grandes cathédrales du Brésil) renouent aussi avec les ressources d’un théâtre religieux très présent dans les traditions de l’Amérique latine. Le martèlement à chaque séance de cet imaginaire de la montée au Sinaï à laquelle on se prépare (par personne interposée) et dont on revient en ramenant l’huile sainte, finit par imprégner fortement le vécu des individus en attente de solution. Cette montée au Sinaï, relancée par d’autres dramaturgies bibliques, à d’autres périodes de l’année, comme le combat de David et Goliath, la Traversée de la Mer Rouge, le Sacrifice d’Isaac, en images et en actions, inscrit la solution des problèmes individuels dans l’attente millénariste d’un changement de vie solidaire de la seconde venue du Christ.

Le parcours de purification et de sanctification est néanmoins constamment suspendu au don de l’onction ou de tel ou tel objet béni en échange naturellement des fameuses enveloppes, de la dîme ou des offrandes. De même que le pasteur dans sa lutte anti-fétichiste ne néglige pas la puissance de l’eau bénite ou de l’huile sainte pour chasser les démons ou apaiser les corps, le voyage des évêques et le millénarisme qu’il suggère introduisent, en définitive, à un marché d’objets « bénis », dispensateurs d’énergie spirituelle, constamment renouvelés (rose consacrée, croix, huile sainte, pierre du Mont Sinaï, etc.), des objets sacrés présentés comme venant directement des lieux saints et distribués au compte-gouttes, contre un sacrifice.

Car le thème incontournable de toute prédication, celui auquel aboutit toute séance quelle qu’elle soit, celui qui surdétermine ou finalise tous les autres, c’est celui du « sacrifice », en l’occurrence des offrandes, et de la fameuse équation : il faut accepter de donner pour recevoir… Cette liturgie monétaire du sacrifice, à la fois très directe et constamment euphémisée, est un trait commun des nouvelles Églises qui conjuguent Dieu et l’Argent sans aucun complexe. L’économie symbolique de la dîme ou les liturgies de dons et d’offrandes permettent incontestablement d’extorquer le maximum d’argent aux fidèles et de tirer profit de situations de désarroi individuel, mais elles font appel à des ressorts qui ne sont malheureusement pas étrangers aux populations africaines : pour recevoir les grâces, il faut donner, pour connaître les secrets, il faut payer le cadeau, faire le sacrifice. Les rivalités du don et du contre-don, bien plus l’escalade des défis dans le don ostentatoire, s’appliquent aussi aux relations des hommes à Dieu, et la comptabilité des offrandes, associée au calcul des dettes et des parts, a toujours été un moment social important dans les cultes africains.

E. Macedo a très vite intégré le message des théologies de la prospérité qui veut qu’un bon chrétien n’est pas pauvre et qu’il faut lutter contre « l’esprit de pauvreté ». La généralisation de ce message, qui complète celui de l’annonce de la délivrance dans tout le milieu évangélique et pentecôtiste, crée les conditions d’une rupture culturelle décisive par rapport à l’esprit de sacrifice inculqué par le christianisme missionnaire.

Il met fin à la valorisation de l’esprit de renoncement et d’humilité des faibles qui ont perdu toute agressivité. Il redonne toute sa place au prestige de l’homme fort qui se bat pour gagner, de l’entrepreneur qui réussit par ses propres forces (ou grâce à Jésus), un nouvel ethos qui met en avant la réussite individuelle et qui met en péril les règles traditionnelles de la solidarité communautaire et ses obligations de redistribution. Si ce nouvel ethos de la prospérité comme signe de la bénédiction divine et de la puissance de Jésus autorise certaines formes d’accumulation et de richesse ostentatoire, comme l’illustrent les « pasteurs millionnaires » ghanéens ou nigérians (Marshall-Fratani 2001), il faut reconnaître que ces figures de la réussite restent exceptionnelles.

 Le stakhanovisme des pasteurs de base de l’Universelle qui arpentent les quartiers d’Abidjan ou de Libreville n’est pas synonyme de droit à l’enrichissement. L’EURD accumule au plan mondial des ressources qui profitent sans ambiguïté à ses leaders et engage des investissements qui témoignent de sa richesse, mais la règle qui veut que la promotion des pasteurs dans la hiérarchie soit solidaire de leur aptitude à « ramasser » le maximum de dons et d’offrandes, est incompatible, au moins jusqu’à un certain niveau, avec la « politique du ventre ». De toute façon, le nombre de 4X4, de Mercedes ou de BMW qui stationnent autour des temples de l’Universelle pendant les cultes est plutôt moindre que celui qu’on peut observer par ailleurs, notamment autour de certaines églises évangéliques. Les fidèles sont à la fois moins populaires que ceux qui fréquentent les Églises africaines (harristes, célestes) et plus modestes que les hommes et femmes qui transforment certaines assemblées évangéliques en un défilé de mode. La posture de l’EURD par rapport à l’establishment est trop marginale pour que les classes aisées s’y produisent et s’y investissent.
*
L’identité incertaine de l’Universelle

L’impression globale est que l’Église Universelle, surtout à Abidjan, a fait son plein et marque le pas en cherchant à rebondir dans d’autres pays : Ghana, Togo, Cameroun. En nombre de temples ou d’églises, les principales implantations ne bougent pas et n’évoluent pas. L’effet d’annonce est passé. Les recherches consacrées à l’expansion remarquable de cette Église ont fini par faire oublier que celle-ci se heurte, même au Brésil, à de fortes résistances ou tout simplement à l’indifférence, comme le confirment les études sur le pentecôtisme en Amazonie. Aux USA l’Universelle a du mal à sortir du milieu des latinos. D’une manière générale, ses succès urbains masquent ses limites.

Le souci de s’insérer dans l’espace politique national, qui est devenu au Brésil un impératif (avec l’élection de députés et la recherche d’alliance politique), n’est pas une priorité de l’EURD en Afrique. Or, le climat politique ethno-nationaliste actuel rend très suspecte toute entreprise religieuse qui ne respecte pas (qui ne flatte pas) les identités nationales (ivoirienne ou gabonaise) et qui se cache derrière un réseau international disposant de gros moyens d’investissement. Il est significatif que lors des occasions solennelles de rassemblement, sous couvert des autorités, cette Église n’est jamais associée au concert des autres Églises : Églises établies (catholique, protestante, méthodiste) ou Églises de la mouvance évangélique

et pentecôtiste, regroupées en fédérations, et encore moins Églises prophétiques africaines (harristes ou célestes). On a un peu parlé de l’EURD en 1997 à propos d’une convention rassemblant toutes les églises implantées en Côte-d’Ivoire et réunie au Palais des sports de Treichville, mais depuis plus rien. Jamais la presse ne relate quelque initiative ou manifestation, comme elle le fait largement pour les autres Églises locales ou internationales. Son absence complète du cycle des réunions publiques ou débats médiatiques organisés en Côte-d’Ivoire en 2001 dans le cadre du Forum des religions et de la politique de Réconciliation nationale est à souligner. Le champ charismatique et médiatique très disputé du diagnostic de la « crise spirituelle » du pays et des prophéties sur l’avenir de la nation et son salut que se partagent un certain nombre d’hommes de Dieu, est délibérément ignoré par des évêques et des pasteurs qui n’ont pas vocation à se prendre pour des prophètes.

Entre les Églises évangéliques et pentecôtistes d’inspiration anglo-saxonne, émanant entre autres du Ghana et du Nigeria (Church of Pentecost, Foursquare, Winner’s Chapel, Redeemed Church of Christ) et les Églises prophétiques africaines, qui se disputent le marché de la guérison et de la délivrance, l’EURD a bien du mal à trouver son créneau. Les pasteurs, docteurs ou prophètes, de la mouvance évangélique savent exploiter les ressources symboliques et financières qu’offrent les réseaux des Églises et dénominations « internationales » en les mettant au service d’entreprises transversales, « ministères », centres ou instituts, qui permettent de répondre au souci d’autonomie et à la « politique du ventre ».

L’expansion mondiale des Églises protestantes s’est toujours appuyée sur une stratégie de segmentation, conjuguant l’universalité et la scissiparité. Le modèle « catholique » de l’Universelle, son régime épiscopal associé au contrôle hiérarchique de pasteurs interchangeables, la maintiennent en marge des alliances et des fédérations de la mouvance évangélique et découragent les vocations prophétiques des jeunes pasteurs aspirant à fonder leur propre entreprise.

Sur le front des cultures locales, la politique de stigmatisation et de diabolisation des « sectes traditionnelles » de l’EURD se heurte aux réveils identitaires néo-traditionalistes et à leurs traductions ethnonationalistes (Bwiti gabonais, Vodu béninois, et autres). La continuité des schèmes d’interprétation du malheur et des techniques du corps mobilisés dans les pratiques de délivrance par rapport aux cultures africaines de la possession et aux cultes anti-sorcellerie, est un des ressorts de leur succès sur le continent, mais sur ce terrain les Églises indépendantes africaines, et même les mouvements charismatiques catholiques, poursuivent une autre politique de l’identité, un travail de synthèse et d’inculturation qui prend soin de ménager le discours traditionaliste et conforte les illusions identitaires (Mary 2002).

L’Église Universelle a bien sûr été fondée par une forte personnalité, E. Macedo, mais pour les fidèles de base des villes africaines qui ignorent tout de la légende fondatrice et de l’histoire brésilienne de l’Église, la figure du « théologien fondateur » est bien éloignée de l’image paternelle des prophètes locaux. Les lieux bibliques qui sont censés mobiliser l’imagination des fidèles (la Terre d’Israël, la Traversée de la Mer Rouge, la montée au Sinaï) ne sont pas pour le commun des mortels des lieux accessibles de pèlerinage. L’accomplissement de la Promesse est sans doute lié au retour de Jésus, mais la gestion de l’attente différée fait appel à un millénarisme épiscopal qui prend le relais du prophétisme judaïque. En un mot l’universalité tout aussi abstraite que discrète du Royaume de Dieu n’offre pas les mêmes possibilités d’identification communautaire que les Églises africaines, et son rapport à la communauté mondiale des « frères en Christ » reste trop marginal pour profiter pleinement de ses ressources.



* Les données de cet article ont été recueillies lors de trois missions d’enquête en Côte-d’Ivoire et au Gabon (décembre 1999, juillet 2001, mars-avril 2002) et complétées par une mission d’un mois (décembre 2001) à Rio de Janeiro. Ces missions ont été financées par l’IRD, UR Constructions identitaires et mondialisation (Dir. Marie-José Jolivet).



Institut d’Études africaines, Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme, Aix-en-Provence.
Bibliographie


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1989 « Les Églises chrétiennes et la politique du ventre », Politique africaine, 35 : 3-26.

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1997 Teatro, Templo e mercado ; organizaçao et marketing de um empreendimento neopentecostal, Petropolis, Editora Vozes ; São Paulo, Simpósio Editora ; São Bernardo do Campo, UMESP.

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2000 Orixas, Caboclos & Guias, Deuses ou Demonios ? Rio de Janeiro, Editora Grafica Universal Ltda.

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2002 « Afro-christianisme et politique de l’identité : l’Église du Christianisme Céleste versus Celestial Church of Christ », Archives de Sciences sociales des Religions, 118 : 45-56.

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2001 « Brazilian Pentecostalism Crosses National Borders », in A. Corten & R. Marshall-Fratani, Between Babel and Pentecost, op. cit. : 185-190.

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1975 « De la persécution à la culpabilité », in C. Piault (dir.), Prophétisme et Thérapeutique, Albert Atcho et la communauté de Bregbo, Paris, Hermann : 153-219.
Notes
1 Pour un résumé de la progression de l’EURD à l’échelle mondiale selon les statistiques de l’Église (Freston 2001 : 198-203).
2 La revue Plénitude (no 69 de 1999 et no 72 de 2000), éditée par Universal Produçoes, rend hommage à ces pionniers de l’EURD en Afrique.
3 Cette secte a opéré à Yopougon (Abidjan) à la fin des années 1990 avant d’être poursuivie. Rappelons qu’au Brésil, l’Universelle s’est retrouvée en 1995 dans une situation de « guerre sainte » à la suite du célèbre « coup de pied à la sainte » (une statue de la sainte patronne du Brésil) donné par un de ses évêques en pleine émission télévisée.
4 Évêque Macedo, Sur les pas de Jésus, traduction de Nos passos de Jesus, publié en 1986 à Rio, édité en 1997 en français par Editorial Intercontinental en Espagne à Barcelone, et largement diffusé en Afrique. Citons : « Le leader spirituel de votre communauté doit être vu comme s’il était Jésus lui-même, et pour cette raison toutes ses failles, erreurs, ou défauts ne doivent êtres vus… Si les leaders spirituels sont surpris en faute, ils doivent être dûment protégés, pour que leurs fils spirituels ne soient pas déçus et par conséquent déviés du Salut », p. 78.
5 Folha Universal, 10/12/2000, « IURD é tese de doutorado nos Estados Unidos », ou encore « Sociologa estuda fenômeno Igreja Universal ».
6 Nos observations sont sur ce point à contre-pied de l’étonnante adaptation culturelle des pasteurs brésiliens au monde zulu (« These whites are blacks ») que P. Freston (2001 : 202-203) se plaît à souligner sur le terrain de l’Afrique du Sud.
7 Voir les analyses consacrées à l’adaptation du message démonologique d’inspiration afro-brésilienne au contexte culturel de l’Argentine par P. Oro Ari & P. Seman (2001).
8 Au Brésil, E. Macedo a rompu avec les diverses fédérations évangéliques ou pentecôtistes et fondé sa propre association, l’AEVB.

Pour citer cet article
André Mary, Le pentecôtisme brésilien en Terre africaine. L’universel abstrait du Royaume de Dieu*, Cahiers d'études africaines, 167, 2002
http://etudesafricaines.revues.org/document152.html

17.06.2006

L'Induction d'Etats Emotionnels

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L'induction est une relation physique a des stimulations, personne ne se pose de question avant de fermer les yeux quand un objet s'approche de l'oeil,

Ouvrir les bras

Quand l'acteur Pierre Richard ouvre les bras "dans le film le Distrait" pour aller embrasser un agent de police qui ouvre les bras, que fait il, sinon réagir comme l'un d'entre nous.

Ouvrez les bras, en partant des épaules et observez les réactions ...Sur votre entourage, vous verrez les gens se détendre dans leur posture ou leur attitude.

Quand vous parlez essayez de ramener vos épaules devant vous, vous verrez les gens qui vous écoutent se contracter.

(Ce ne sont jamais que des trucs de base des écoles de communication...)

Repérer les bruits


Un conducteur de camion qui conduit pendant des heures, au milieu de toutes sortes de bruits repère tout de suite quand quelque chose va mal dans la mécanique...

La relation, l'interprétation , et pour Pierre Richard c'est de l'induction, l'agent de police a induit une réaction en lui par un acte simple "ouvrir les bras".

Interpréter


Certaines communautés charismatiques liées au phénomènes de Toronto (chute en arrière, rires inextinguibles, aboiements..) ont été repérées par le British Evangelical Council comme pratiquant des phénomènes d'induction sur des chrétiens.

Et comme tout les être humains les chrétiens sont sensibles à l'induction, quand quelqu'un vous tend la main  en s'approchant de vous ... vous la lui tendez n'est ce pas ? Et si la personne se décale un peu vous  avez toute les chances de "rater" sa main, vous venez d'être victime d'un de vous programmes automatiques, qui  vous font faire automatiquement des choses.

Ou alors vous n'êtes pas européen mais asiatique et dans ce cas le rituel de se tendre la main est remplacé par un rituel d'inclinaison, réciproque, la politesse, les règles sociales ont des règles dans chaque pays qui sont des effets de l'éducation.


Le docteur Charcot et le Pavillon des hystériques.


Plus proche de nous la présence du docteur Charcot dans le pavillon des hystériques de La Pitié Salpétrière, à Paris, au début du 20ème siècle induisait des crises. Il était là pour observer des crises et les malades étaient conscients de ce rôle social et se comportaient en fonction de l'attente supposée de Charcot.

L'induction

Un concert, 20.000 personne et c'est un déchainement de rires, de sifflement pour saluer la vedette qui vient de rentrer, la star vient de rentrer et c'est l'euphorie, l'euphorie communicative. Le stade de football avec sa HOLA, dans une HOLA on ne réfléchit pas , on suit. Ce sont des activités  réflexes.

Dans un enterrement la tristesse est communicative, même si on ne connait pas le défunt, les visages des proches, les baisers affectueux échangés communiquent et font communier à une sorte de tristesse.



Dans le monde psychothérapeutique :

Le psychothérapeute Richard  Bandler mentionne dans un de ses livres comment il est entré dans une "tente de guérison" (un phénomène religieux fréquent aux Etats Unis et en refaisant les gestes que faisaient le prédicateur a réussi a "guérir quelques personnes". (Transes Formations)

Son interprétation est que dans tous les cas la personne est la source de sa propre guérison, mais que il arrive que des valeurs  des croyances des plus profondes et des plus intériorisées, les plus inexprimées,de la personne lui interdisent de "guérir". 

La présence d'un inducteur autorisé (prêtre, pasteur, qui on veut) permet de débloquer la situation, à condition que cet inducteur soit autorisé et "fiable" ce qui donne lieu à de nombreuses étapes dans un rituel de reconnaissance. 

Les réunions religieuses

Hank Hanegraaf (Pasteur de la dénomination Vineyard qui a vu naitre dans les années 80 ,es "phénomènes de Toronto", "Counterfeit Revivals") a repéré des phénomènes d'induction, le gourou dit une parole, fait des actes et les gens obtempèrent... Tombent en arrière ou pleurent ou se roulent par terre en aboyant. Hank
Les phénomènes de Toronto ont été cataloguées par le British Evangelical Council comme des phénomènes d'induction.


Ils lèvent les bras, tombent en arrière, ou souffrent et se tordent de souffrance sous les effets de l'induction du gourou, ils étaient bien calmes 15 minutes avant et maintenant que le gourou est là ils sont en transe.

A rire, ou à se tordre de souffrance en hurlant, c'est leur manière à eux d'obtenir l'attention du gourou, ou son approbation, de se conformer à leurs croyances.


Le pouvoir du gourou.


Une ou un gourou, chrétien ou non, qui amène une personne troublée à se tordre de douleur et à hurler dans une souffrance[une souffrance que le gourou a induit] a obtenu son résultat, sa parole est puissante, elle peut induire les états de souffrance et de hurlements chez une personne normale.... Le gourou n'a de force que parce que la persone lui en accorde d'ailleurs. Pour être conforme à ses propres croyances, la personne va donner le spectacle qui renforcera le gourou dans son rôle social et dans les croyances de la communauté "vous voyez bien que les démons se manifestent à chaque fois que le gourou se présente... ".

 

Résultats de Transe ?


Ce sont des résultats de "transe" et d'induction, dans une population normale, 20% des personnes sont  vraiment sensibles aux inductions collectives provoquées par un gourou , mais 80% y sont insensibles...

Par contre un incendie un stimulus fait réellement peur au point que les personnes "perdent la tête" et s'écrasent contre les portes et beaucoup meurent étouffées, survivre dans une incendie c'est résister à l'émotion collective.

 

L'induction est un phénomène naturel, de l'ordre de l'activité réflexe, quand il entendait sa clochette le chien de Pavlov ne se mettait il pas à saliver, et quand il entendait le mot "culture" le Dr Goebbels ne sortait il pas son revolver ?

Les conséquences des actes doivent être maitrisées par la personne, mais cela ressort de l'éthique de la responsabilité et de la liberté.

 

 

 

 

13.06.2006

Animisme Fondamentaliste

medium_action_zambia_animism_whatisan.jpgSources de l'animisme chrétien

 

L'animisme chrétien est apparu dans les milieux fondamentalistes   charismatiques à la suite d'échange et d'absorption de conceptions  animistes africaines.

Pour les animistes, le monde est peuplé d'esprits, de démons, bons ou mauvais, et tout ce qui nous arrive est la faute de ces esprits. Certains groupes ont absorbé cette conception et la diffusent.Ces esprits, chez les animistes chrétiens sont des "esprits territoriaux" qui règnent sur des territoires et en sont "les maitres", cette conception est largement diffusée par différents organismes (Certains cercles  dont YWAM dans les années 80 et jusqu'a nos jours l'ont répercutée, dans le secteur nord-américain et au-delà).

 

 

Dans ce mode de pensée, la médecine est inutile, l'exorcisme permet de tout faire, comme chez les sorciers africains ou shamaniste qui pratiquent les rituels pour chasser les mauvais esprit.L'animisme chrétien a ses propres rituels et les chasse "au nom de Jésus", comme le "shamane" chasse les mauvais esprits dans les rituels de guérison, les mauvais esprits qui sont sources des maladies. On pourrait y voit une forme de syncrétisme.

 

 


 Interpréter le Symptome ?

 
L'animisme chrétien en soit est un déplacement obsessionnel, qui met  l'accent sur des "soi disants" démons, un symptome, un symptome qui peut signifier beaucoup de choses sur l'état psychique de la personne, sur ses angoisses et ses peurs.

Le parcours des gens

 

Les parcours des gens qui professent cet animisme mentionne une fréquentation de sectes "dures" avec des rituels "traumatisants" (vaudou, spiritisme, ).De même les cas d'abus d'autorités sont nombreux dans les groupes qui se prévalent de ce genre de théologie, ce qui permet (d'après les témoignages) d'en déduire un caractère sectaire  ...(dangereux pour la santé psychique ou physique de la personne, notamment.

 

Guérir de l'anxiété ?

Il est très possible que des gens qui ont fréquenté des sectes ne soient pas guéries de leurs obsessions. Le fait de fréquenter les sectes les soulageait d'une certaine manière. (Et de leurs inquiétude car celui qui consulte le guérisseur animiste est inquiet, le guérisseur lui fait un rituel qui dure deux à trois semaines et lui donne un gri-gri)

 

Des formes cachées d'obsession?

 

Ce dont la personne veut guérir c'est de l'obsession, la possession est avant tout un trouble psychiatrique  reconnu par les psychiatres et par l'Eglise comme une forme de souffrance, d'états psychotiques   et délirants. Avant que d'être reconnu comme phénomène "spîrituel"...

Cette forme obsessionnelle est délirante conduit à voir des esprits partout.Les rituels de prières ou d'exorcisme deviennent des rituels obsessionnels, des TOC.La bonne nouvelle c'est que les troubles obsessionnels psychotique ou délirants se soignent très bien, mais qu'il ne faut pas tarder à aller consulter.

 


Les réfèrences à Jésus qui "chassait" les démons méritent une réponse.

 

La médecine du 1er siècle  croit , selon Gallien "Que toute maladie est causée par un démon", c'es ce qui apparait dans les traités de médecines du temps.C'est une médecine grecque ou romaine et empirique, Luc qui est médecin observe les symptomes et les décrit dans les termes de son temps.Et Jésus ? Dans la conception chrétienne Jésus le Christ, est dans le temps de l'humiliation, il ne sait pas tout (Philippiens 3:2) , la kénose et le dépouillement.

 Il y a des récits de guérison d'épileptiques, comme des récits de guérison de psychotiques, comme des récits d'exorcismes, Jésus a un ministère de thaumaturge, ce qui est fréquent dans le Judaïsme qui connait des "rabbins miraculeux" dans toutes ses branches et depuis très longtemps.

Dans les récits du Nouveau Testalment les "démoniaques" sont amenés par les parents ou les voisins, ou bien abandonnés et c'est le thaumaturge qui va les voir. Les malades sont amenés à quelqu'un qui "peut" quelque chose pour eux.

Si ils viennent d'eux même c'est qu'ils ne sont pas possédés, c'est qu'ils ont besoin d'être consolés rassurés.


D'autre part on pourrait  noter que, dans les livres chrétiens du Nouveau Testament s, ce ne sont pas les "chrétiens " qui sont possédés, mais  des gens d'autre religions, ceci renverrait il à cette notion, plus connue au Moyen Age d'un christianisme opposé à des forces mauvaises? D'un dualisme manichéen (par ailleurs condamné par les traditions les plus anciennes de l'Eglise Chrétienne dont St Augustin).

  

Je laisse le sujet ouvert ...

La question reste ouverte mais dans les plus anciennes traditions de l'Orthodoxie font cette différence, le Dr Larcher dans Thérapeutique des Maladies Mentales mentionne l'existence de monastères qui ont soigné des gens , dont des  victimes d'anorexie ou de boulimie. 

La position de la médecine psychiatrique ?

La DSM 4 et les travaux annexes traitent de la possession comme de troubles psychotiques graves, ce qui l'amène directement dans la sphère médicale et psychologique  et à ses traitements.

 

Notes

L'animisme (du latin anima âme) est une croyance ou religion selon laquelle la nature est régie par des âmes ou esprits, analogues à la volonté humaine : les pierres, le vent, les animaux. Il se rencontre surtout chez les sociétés traditionnelles comme en Afrique, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, en Sibérie ou en Océanie.

Le mot animisme a été inventé par le médecin allemand Georg Ernst Stahl pour réfuter la séparation platonicienne, puis cartésienne, entre le corps et l'âme et y opposer une vision de l’âme couvrant tout l’être humain. C’est uniquement par la suite que les limites sémantiques du mot vont inclure des synonymes comme paganisme.

Le psychologue Geoffrey Miller a suggéré que les chances de survie des humains étaient grandement augmentées s’ils développaient un mécanisme permettant de projeter des intentions sur les objets de leur milieu (en particulier bien entendu autres humains et animaux divers) pour prédire leurs réactions. Cette disposition a donc été favorisée par la sélection naturelle et l’animisme pourrait en constituer une conséquence.

Dans les pays scandinaves, il existe un fond animiste en parallèle au christianisme.

Les sociétés animistes peuvent être monothéistes ou polythéistes. En effet, on peut considérer qu’il y a une âme dans chaque objet et croire en un dieu créateur unique.

Source  Animisme Wikipedia

 

 

 

15.04.2006

Les Origines du Fondamentalisme Chrétien

Le terme fondamentaliste vient des années 1920, d'une série de livres nord-américains qui s'appellait "The Fundamentals".

C'est un terme utilisé pour insister sur le retour aux "vérités bibliques fondamentales" :

- l'infaillibilité totale de la Bible,
- la naissance virginale,
- la divinité du Christ,
- le sacrifice du Christ sur la croix en expiation pour les péchés du peuple,
- la résurrection physique du Christ et sa seconde venue (qui inclut un millenium terrestre). La conception est dite "dispensationaliste"(Cette thèse est popularisée par la série "left behind")

Sur le dispensationalisme :

Le dispensationalisme est une conception de John Nelson Darby (un ex prêtre anglican) , au 19ème siècle, qui enseignait que l'humanité était passée par plusieurs ères ou dispensations. Au cours de laquelle Dieu met l'homme en place, l'homme est éprouvé, il échoue, Dieu détruit le monde et recommence.

Dans ce système nous sommes dans "l'age de l'Eglise" et toute l'Eglise a apostasié dans les premiers siècles.

Citation:
L'idée dispensationaliste est de dire que le Christ est venu une fois pour proposer un royaume terrestre à Israel, qu'Israel a refusé et qu'en conséquence il s'est créé un peuple terrestre (Israel), et un peuple Céleste (l'Eglise).

La fin des temps y est décrite comme un moment ou le Christ "enlèvera son église de manière secrète" avant une période de grande tribulation pour toute l'humanité, puis reviendra pour règner à partir de Jerusalem pendant 1000 ans.


Citation:

Cette conception est contradictoire avec celles du christianisme orthodoxe, qui a toujours expliqué

- qu'il n'y avait qu'un seul Peuple de Dieu (en développement dans l'histoire) et non pas deux.
- que le passage concerné d'Apocalypse 20 concerne l'Age de l'Eglise avec ses hauts et ses bas. La Résurrection montrant le début du règne du Christ. (selon St Augustin).
- que personne parmi les écrivains les plus anciens des églises(toutes orientations confondues) ne croyait à un enlèvement secret.




Quelques dénominations sont historiquement fondamentalistes comme le SBC (Southern Baptist Convention), The Church of Nazarene, Les Assemblées de Dieu, les Eglises Foursquare , l'Eglise du Christ.

C'est une orientation religieuse plus qu'un mouvement organisé qui se diffuse par la formation des responsables des communautés et par un certain nombre de médias de formation des chrétiens de ces groupes.

Les origines


Il est essentiellement apparu dans le cadre théologique de la controverse libérale du 19ème et du début du 20ème siècle, comme réaction à la haute critique biblique.

Citation:


En particulier les fondamentalistes rejettent les hypothèses documentaires - la théorie soutenue par la haute critique biblique que le Pentateuque a été composé et formé par bons nombres de personnes au travers des siècles. Les fondamentalistes affirment que Moïse était le premier auteur des 5 premiers livres de l'Ancien Testament.

Quelques fondamentalistes, d'autre part pourraient accepter l'idée d'un autre auteur seulement quand le texte Biblique n'identifient pas un auteur, en insistant que les livres dans lesquels l'auteur est identifié devraient avoir été écrits par cet auteur.


Ils s'identifient en très très grande partie au "Créationnisme".



Une conception spéciale de l'infaillibilité de la Bible


L'infaillibilité est vécue comme l'infaillibilité de la lettre même (en elle-même). Certains pensent que la King James Version est inspirée, d'autres affirment que seuls les textes originaux le sont.

Elle est non seulement inspirée mais aussi exempte d'erreurs ou d'approximations dans tous les domaines où elle s'exprime. (Biologie, géologie, age de la terre, âge de l'humanité, nombre de chevaux de Salomon). (Ce qui a amené ces groupes a faire des procès dans certains états contre l'enseignement de la biologie évolutionniste , ce sont les "procès des singes".)

La séparation d'avec les autres chrétiens


Ce qui les distingue des autres évangéliques c'est essentiellement leur doctrine de la séparation totale et absolue d'avec les autres chrétiens, ce qui est une branche de leur héritage dispensationaliste. (La théorie bizarre de JN Darby selon laquelle toute l'église est devenue apostate dès les premiers siècles siècle, et qu'il ne reste plus aux chrétiens qu'à attendre la fin des temps).


Les autres églises de professants sont accusées d'oecuménisme. Et il y a un véritable conflit permanent entre ces deux groupes.

Le statut du catholicisme dans "The fundamentals"

Dans la version disponible sur internet :

http://www.geocities.com/Athens/Parthenon/6528/fundcont.htm

L'Eglise Catholique y est rebaptisée "Rome" et la religion Romanisme, et y est en même temps traitée d'Ennemi de la Nation, dans les chapitres 58-59, l'Eglise Catholique est accusée de ne pas être chrétienne et surtout d'être l'ennemi de la nation

The Roman Catholic Church, both in Scriptures and in Christian history, figures as a politico-ecclesiastical system, the essential and deadly foe ofcivil and religious liberty, the hoary-headed antagonist of both Church and State. John Milton said: " Popery is a double thing to deal with, and claims a two-fold power, ecclesiastical and political, both usurped, and one supporting the other." Let us consider a few undeniable facts.

I. ROME IS THE NATIONS ANTAGONIST BECAUSE IT IS A CORRUPT AND CORRUPTING SYSTEM OF FALSEHOOD AND IDOLATRY THAT POLLUTES OUR LAND


" un système politique et ecclésiastique, l'ennemi mortel des libertés civiles et religieuse, un système corrompu et corrupteur d'idolatrie qui pollue notre nation."



On peut tirer de ce fait que le fondamentalisme est une confusion avec une implantation politique et territoriale nord-américaine, le fondamentalisme brise "la barrière de séparation" entre l'église et l'état qu'avait voulue Thomas Jefferson.

Le catholicisme décrit y est irréel, l'Amerique du Nord n'a jamais de son histoire connu de "domination catholique", ce discours est du ressort du fantasme, et ne correspond pas à l'histoire ou aux traditions de l'Eglise Catholique d'Amerique du Nord.

On peut tirer de ce fait que le fondamentalisme est une confusion de l'Eglise avec une implantation politique et territoriale nord-américaine, le fondamentalisme brise "la barrière de séparation" entre l'église et l'état qu'avait voulue Thomas Jefferson (un des pères fondateurs de la République Américaineà.



Billy Graham

Alors que , Billy Graham qui venait d'un arrière plan évangélique a toujours montré sa volonté de coopérer avec d'autres milieux chrétiens (luthériens, catholiques, orthodoxes). Il a été rejeté à cause de celà même.

Le fondamentalisme s'est diffusé dans tous les milieux protestants,ce qui fait qu'il ne peut être identifié à un groupe particulier.

Pour simplifier disons que les évangéliques s'identifient à l'héritage de Billy Graham et d'un certain nombre de chrétiens professants qui sont ouverts à la discussion.

Et les fondamentalistes s'identifient à des mouvements très fermés, et très critiques vis à vis de ces derniers.

Les aspects politiques sont plus connus, cette nébuleuse s'identifie à la "Droite Chrétienne" aux Etats Unis, et à tous les mouvements qui gravitent autour.

Sources

http://www.catholicapologetics.org/ap021100.htm

http://en.wikipedia.org/wiki/Christian_fundamentalism

09.04.2006

Left Behind , de la poudre aux yeux ?(Carl E. Olson.)

Vivons Nous dans les Derniers jours? Carl E. Olson. (2001)

Ou "Left Behind et le Dispensationalisme" - (NDT) - Bien avant le "Da Vinci Code"


Ces dernières années (2001) il y a eu une résurgence d'intérêt à propos de sujet comme la prophétie biblique, très largement due au surprenant succès de la série "Left Behind" qui a été écrite par deux dévots protestants. (1)

Etant donné cette situation, cet article poursuit deux buts. Premièrement souligner les enseignements Catholiques à propos des "Derniers Jours", relativement aux Ecritures et au Catéchisme de l'Eglise Catholique. Deuxièmement comparer ces enseignements avec la croyance en l'Enlèvement de l'Eglise qui est décrite dans les livres de la série "Left Behind" et des ouvrages similaires.

- Avez vous déjà entendu des amis non-catholiques vous demander, "Est ce que les Catholiques croient en l'Enlèvement" et "Pourquoi l'Eglise Catholique n'interprète t'elle pas le livre de l'Apocalypse de manière littérale ?".

Peut être vous (ou quelqu'un que vous connaissez) avez vous déjà lu les best-sellers de la série "Left Behind" et vous désirez savoir si ils sont "bibliquement fondés". Peut être avez vous déjà vu un télévangéliste expliquer que le Christ va venir bientôt pour enlever les Chrétiens de la terre, mais vous n'avez jamais entendu votre curé en parler.

Il y a bien eu une résurgence de cet intérêt en relation avec les prophéties bibliques et l'enlèvement, largement dus au surprenant succès de la série "Left Behind", l'oeuvre commune de Tim lahaye et Jerry B.Jenkins, deux auteurs Fondamentalistes Protestants.

Beaucoup de Catholiques ont lu les livres et tandis que certains reconnaissent que ces livres ne sont pas complètement en accord avec le doctrine Catholique, d'autres assument qu'ils sont compatibles. Ces auteurs ne sont ils pas de pieux/dévots Chrétiens qui tentent de répandre l'Evangile ? (2)

Dans ces conditions, cet article poursuit recherche deux chose. Premièrement exposer les convictions Catholiques au sujet des "derniers temps" en relation avec l'Ecriture et le Catéchisme de l'Eglise Catholique.

Deuxièmement comparer ces enseignements avec les croyances en l'Enlèvement comme on les trouve dans la série Left Behind et autres livres similaires.

Vivons nous dans les derniers jours

Comme beaucoup de chrétiens le croient , vivons nous dans les derniers jours ?

 

En fait les "derniers jours" (3) ne se réfèrent pas seulement à la "fin des temps", mais aussi aux deux derniers millénaires. L'Ecriture enseigne que l'Incarnation a introduit "les derniers jours". Selon Hébreux 1:1-2, "Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde, (Segond)"


A la Pentecôte, Pierre a prêché que "les derniers jours" étaient arrivés, accomplissant les paroles du prophète Joël: "Ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez, car c'est la troisième heure du jour.Mais c'est ici ce qui a été dit par le prophète Joël:Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos jeunes gens auront des visions, Et vos vieillards auront des songes." (Actes 2:15-17; cf. Joël 2:28-32).

"Les derniers jours" ou "la fin des temps", si on le comprend correctement, se réfèrent aux temps de la Nouvelle Alliance, la réunion de tout le peuple de Dieu dans l'Eglise, qui est "sur terre, la semence et le commencement du royaume(CCC 567, 669; Lumen Gentium) . Le Saint Esprit, "L'âme de l'Eglise" a été - et est en train - d'être répandu sur le monde, à cause de l'oeuvre rédemptrice de Jésus Christ.

Le Saint Esprit est à l'Oeuvre avec le Père et le Fils depuis le commencement jusqu'à l'achèvement du plan du salut. Mais dans cette fin des temps, qui a été introduite par l'Incarnation rédemptrice du Fil, l'Esprit est révélé et donné, reconnu et accueilli comme une personne. Maintenant ce plan divin, accompli en Christ, le premier-né et chef de la nouvelle création, s'incarner dans l'humanité dans cette profusion de l'Esprit : comme l'Eglise, la communion des Saint, le pardon des péché, la résurrections des corps et la vie éternelle (CCC 686).

Cette compréhension des Derniers Jours diffère de celle à laquelle croient ceux qui croient en l'Enlèvement. Les Catholiques s'accordent pour dire qu'il y aura effectivement une "fin des temps" et que l'époque historique que nous connaissons sera terminée un jour. Mais nous reconnaissons aussi que chacun d'entre nous va faire face à la fin de son temps sur terre, et que ceci devrait, de nombreuses manières, le concerner plus que la fin du monde.(CCC 1007).

L'authorité de l'Eglise et la prophétie Biblique

Comment devrions nous comprendre les enseignements de la Bible sur "les derniers jours"?

Pour les Catholiques la Bible est vraiment la Parole de Dieu et quand la Parole de Dieu dit que l'Eglise est le Corps du Christ (Ephesiens 1:22-23; 5:22-33) et "l'appui et la colonne de la vérité" 1 Timothée 3:15), elle souligne un principe clé : la tâche d'interpréter authentiquement l'Ecriture appartient à l'Eglise. Et l'Eglise a une certaine structure, fondée sur le propre choix du Christ dans ses apôtres qui leur garantit une autorité :

"Car, bien sûr, tout ce qui a été dit à propos de la manière d'interpréter l'Ecriture est finalement sujet au jugement de l'Eglise qui exerce le ministère et le mandat qui lui ont été divinement conférés de la surveillance et de l'interprétation de la Parole de Dieu." (CCC 119).

Ceci ne signifie pas que l'Eglise Catholique ait définitivement interprété chaque passage de l'Ecriture ou que les Catholiques ne puissent étudier l'Ecriture pour eux-mêmes. Bien au contraire, l'Eglise n'a définitivement interprété que moins d'une douzaine de passages, tandis qu'elle encourageait les Catholiques à lire la Bible à la lumière de "la Tradition vivante de toute l'Eglise" (CCC 113)


Les enjeux de l'autorité dans l'interprétation de l'Ecriture sont importants parce que tant de ce qui passe pour de la "Prophétie Biblique" aujourd'hui n'est réellement que de la conjecture pseudo-biblique, notable pour ses méthodes paresseuses, des conjectures hasardeuses et un sensationnalisme exacerbé.
Beaucoup d' "enseignants de la prophétie", spécialement dans ces trois dernières décennies, ont pris des passages de l'Ecriture et les ont appliqués aux évènements contemporains avec très peu d'égard , sinon absolument aucun , pour le contexte historique ou la signification originale des textes. Et cela a donné, par exemple, l'identification de l'Antechrist avec le Pape, Hitler, Gorbatchev, Ronald Reagan, Saddam Hussein, ainsi que d'autres personnes bien moins connues.

Les déconcertantes et quelquefois choquantes images de l'Apocalypse sont interprétées de manière astucieuses, bizarre et quelquefois totalement risibles. La marque de la Bête (Apoc 13:16-18 ) y est vue comme les codes barres, les cartes de crédit, les processeurs des ordinateurs et les lasers de lecture.

La plupart des Catholiques qui font face à de telles désinterprétations , se grattent la tête et se tiennent à l'écart des livres bibliques qui contiennent des thèmes apocalyptiques, Daniel et l'Apocalypse. Ils se contentent de laisser leurs amis non-Catholiques batailler ferme autour de ces matières confuses.

C'est très malheureux pour un bon nombre de raisons. D'abord les Catholiques devraient étudier l'ensemble de l'Ecriture, y compris des livres difficiles comme Daniel et l'Apocalypse, parce que Dieu l'a donnée à l'Eglise dans ce but. Ensuite parce que l'Eglise Catholique offre deux mille ans de réflexions et d'études de l'Ecriture, ce qui lui donne une compréhension riche, équilibrée et des compréhensions nuancées de la Bible entière.

Si l'Eglise Catholique a l'autorité que les Catholiques croient qu'elle possède, alors ils ont besoin de prendre au sérieux sa compréhension de l'Ecriture. Au minimum, procéder ainsi éviterait les nombreuses erreurs de nombreux autres Chrétiens et équiperait les Catholiques afin de débattre avec eux de ces mécompréhensions.

Définitions de Quelques Termes

Les livres de la série "Left Behind" sont basées sur un système théologique connu sous le nom de dispensationalisme. Ce terme se réfère à la croyance que Dieu travaille dans l'histoire au travers d'une séries de différentes époques, ou dispensations. Dans chacune de ces périodes, Dieu éprouve l'homme d'une certaine manière. L'homme échoue dans l'épreuve, et alors Dieu juge l'homme. A ce point de vue, l'homme vit maintenant dans "L'Age de l'Eglise", qui est tellement remplie d'Apostasie et d'erreurs que seul un reste de "vrais croyants" demeure.

Selon la théorie dispensationaliste, Dieu poursuit deux buts dans l'histoire : le premier en impliquant un peuple terrestre (Israël) et le second un peuple céleste (l'Eglise).(3) Les dispensationalistes croient que quand Jésus Christ est venu, Il a offert au peuple de la Terre, Israël, un royaume matériel, terrestre, mais ils l'ont rejeté comme leur Messie. En conséquence, Jésus a formé un peuple céleste, l'Eglise, qui n'est pas destiné à régner ici, sur Terre, mais régnera avec Lui dans le ciel.

De toutes façons, Dieu remplira les nombreuses promesses de l'Ancien Testament faites à Israël, Son peuple terrestre, parce que, les dispensationalistes insistent sur ce point , "Ses promesses étaient inconditionnelles".
Quand Christ a fondé l'Eglise, toutes ces promesses ont été "mises en attente" jusqu'à ce que le peuple céleste soit enlevé de la Terre au cours de l'Enlèvement. Depuis q'Israël a été rétabli en tant que nation, la plupart des dispensationalistes croient que le retrait de l'Eglise au moyen de l'Enlèvement peut arriver à n'importe quel moment.

L'Enlèvement sera un "enlèvement secret" de tous les vrais croyants en Christ, vers le ciel, il sera immédiatement suivi - selon la plupart des dispensationalistes - par 7 années de Tribulation et le règne de l'Antéchrist. A la fin de la Tribulation, le Christ reviendra à nouveau pour établir un règne terr estre de 1000 ans, basé à Jérusalem, où un nouveau temple (en état de marche avec des sacrifices d'animaux) existera.(4)

Cette vision dispensationaliste de la fin des temps a été développées dans les années 1830 par un prêtre ex-Anglican nommé John Nelson Darby, qui a condamné la plupart de la Chrétienté comme apostate et mondaine. Le dispensationalisme s'est répandu dans tous les Etats Unis dans les années 1900, comme la résultante de la Bible d'Etudes Scoffield qui avait intégré les idées dispensationalistes dans ses notes. Dans les années 1970, cette doctrine a été popularisée par des livres comme "L'Agonie de Notre Vieille Planète" d'Hal Lindsay.(5)



Quelques Catholiques pourraient considérer ces croyances inhabituelles comme de peu d'importance. Mais ce serait une erreur pour bon nombre de raisons. D'une part, malgré une popularité qui s'évapore dans les cercles théologiques universitaires, le dispensationalisme est encore une croyance largement répandue parmi les Fondamentalistes et beaucoup d'Evangéliques, même parmi beaucoup de ceux qui ne connaissent même pas ce nom.

Une autre raison est que la vaste majorité des dispensationalites sont soit activement opposés l'Eglise Catholique, ou sont très méfiants , suspicieux à son endroit. Beaucoup d'entre eux croient que l'Eglise Catholique jouera un rôle central dans l'avènement d'une religion mondiale apostate. En un sens, ceci de devrait surprendre personne, puisque le coeur du dispensationalisme est incompatible avec la doctrine Catholique bien qu'il y ait une certaine compatiblité sur des questions secondaires.

La plupart du temps, beaucoup des Catholiques qui quittent l'Eglise sont attirés dans des groupes qui enseignent le dispensationalisme, sous une forme ou sous une autre. La croyance en l'Enlèvement est souvent ce qui attire ces réfugiés Catholiques. Finalemment, au travers de l' activité politique du lobby Fondamentaliste et des conservateurs Evangéliques, les idées et les intérêts dispensationalistes ont eu une influence significative sur la politique extérieures des Etats Unis envers Israël et au Moyen Orient, et combien de des Chrétiens voient que les nombreux Chrétiens Fondamentalistes et Evangéliques sont des fidèles/obtus alliés d'Israël pour des raisons théologiques beaucoup plus que pour des raisons politiques.

Deux Peuples de Dieu ou un seul?

L'eschatologie, l'étude des choses dernières, découle directement de l'ecclésiologien la doctrine de l'Eglise. Ce qui explique quelques unes des différences significatives entre ce que les Catholiques et beaucoup de fondamentalistes croient à propos de la fin des temps.

Pendant que Tim Lahaye, Hal Lindsey, et les autres dispensationalistes enseignent que Dieu a deux peuples, l'Eglise et Israël, l'Eglise Catholique affirme que Dieu n'a jamais eu qu'un seul peuple, ou famille, au travers de l'histoire. Selon le Catéchisme "Cette 'famille de Dieu' s'est formée graduellement et a pris forme au cours des étapes de l'histoire humaine, accomplissant le plan du Père. En fait 'déjà présente de manière figurée dès le commencement du monde, cette Eglise était préparée d'une manière merveilleuse dans l'histoire du peuple d'Israël.... Etablie dans ce dernier age du monde et rendue manifeste par le déversement de l'Esprit, elle sera aménée à une fin glorieuse à la fin des temps". (CCC 759).

Donc, l'Eglise Catholique s'est toujours comprise comme étant le Nouvel Israel (Gal. 6:16; Eph. 2:11-12) et le nouveau Peuple de Dieu (1 Pier. 2:9-10), le récipiendaire de la Nouvelle Alliance donnée en Christ (Heb 8:8-13). L'Ancienne Alliance n'était pas rejetée par le Christ, mais accomplie et incluse dans le Nouvelle Alliance; elle se conclut par la Nouvelle Alliance et est incluse en elle. Ces différences entre le dispensationnalisme et la dotrine Catholique sont la base d'autres désagréments, y compris ceux relatifs à l'Enlèvement et à la nature du Millenium.

(Il est assez intéressant de constater que même Luther et Calvin ont compris que l'Eglise était la véritable héritière d'Israël. Ils auraient aussi rejeté le dispensationalisme, qui a seulement émergé comme une méthode d'interprétation biblique dans les deux derniers siècles ou à peu près).


(La doctrine Catholique enseigne aussi que l'Eglise est intimement reliée au Royaume de Dieu. L'Eglise est "de manière ultime, une, sainte, catholique et apostolique, dans sa plus profonde et plus ultime identité, parce que c'est en elle que "le Royaume des Cieux" , "le règne de Dieu",, existe déjà et sera accompli à la fin des temps" (CCC 865). Le Royaume n'est pas encore achevé, mais a commencé avec l'incarnation et sera complétement réalisé à la fin des temps :
" Le royaume des cieux a été inaugurée sur terre par Christ. Ce royaume est apparu devant les hommes par la parole, par les oeuvres et dans la présence du Christ". "L'Eglise est la semence et le commencement de ce Royaume. Ses clés ont été confiées à Pierre " (CCC 567). Dans sa plénitude le Royaume n'est pas seulement un règne terrestre, mais le triomphe final du Christ sur le pouvoir du péché et d Satan, qui culmine en une éternité passée en communion avec le Dieu Trinitaire : "Le royaume est venu dans la personne du Christ et grandit mystérieusement dans les coeurs de ceux qui s'incorporent à lui, jusqu'à sa manifestation eschatologique complète" (CCC 865).

En contraste, les dispensationalistes croient que le Royaume sera un règne terrestre de mille ans, un règne terrestre du Christ, connu comme le Millenium (du mot latin qui signifie "Mille Ans"). Cette croyance en un règne terrestre de mille ans est nommée millénarisme ou millénialisme. Elle a été explicitement rejetée par l'Eglise Catholique. En 1944 le Saint Office a donné un avertissement contre :

".... le système du Millénarisme mitigé, qui enseigne ... que Christ le Seigneur avant le jugement final, qu'il soit ou non précédé par la résurrection de la multitude des justes, viendra de manière visible pour règner sur ce monde .... Ce système de Millénarisme mitigé ne peut être enseigné en toute sécurité" ( CCC 676).


Il est vrai que quelques un des Pères de l'Eglise primitive, avant le 4ème siècle ont cru en un régne terrestre et millénaire du Christ. Cette croyance s'était largement formée en réaction aux Gnostiques, qui enseignaient que le Christ et Son Royaume n'avaient rien à voir avec le mond physique. Selon les affirmations des Gnostiques, le monde matériel était intrinsèquement mauvais.

De toutes façons, St Augustin, qui écrivait à la fin du quatrième siècle et au début du cinquième , interprètait la réfèrence à "mille ans" dans Apocalypse 20 comme une métaphore de l'age de l'Eglise. Ce qui devait devenir la conviction de l'Eglise, cette conviction ne fut pas remise en cause pendant des centaines d'années. Bien que l'Eglise Catholique n'ait jamais fait fait d'affirmation formelle sur la nature du Millenium, la compréhension de St Augustin a été habituellement acceptée par les théologiens Catholiques.(6)

De plus, aucun des Pères de l'Eglise ne croyait en un enlèvement secret des vrais croyants avant la Tribulation. Bien au contraire, ils enseignaient que l'Eglise allait entrer dans une période d'intense tribulation, préalablement au Second Avènement. L'idée d'un enlèvement "secret", développée par John Nelson Darby dans les années 1830 aurait été tout à fait étrange et même répugnante pour les premiers Chrétiens, comme elle l'était à beaucoup d'alliés Protestants de Darby.(7)


L'enlèvement et la seconde venue


L'Eglise rejette de manière tacite l'enlèvement "secret" sur la base de sa doctrine de l'Eglise. L'enseignement Catholique a toujours été, bien sûr, que Jésus Christ reviendrait physiquement et visiblement sur la terre. Comme nous le disons dans le Credo chaque semainne dans la liturgie Eucharistique, "Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, et son règne n'aura pas de fin" (cf. CCC 681-682).


D'un point de vue Catholique, le terme d'enlèvement est problématique.
D'une part on peut s'y réfèrer comme d'être emmené avec Christ (1 Thess. 4:17; cf. CCC 1025). En fait le terme d'enlèvement vient de la traduction latine de St Jerome de 1 Thes 4:17, qui signifie, "être pris". Les Catholiques croient que cela arrivera lors de la Deuxième Venue quand nos corps seront ressuscités.(cf. CCC 989-990).


D'autre part le terme d'"enlèvement", est, dans un sens, la propriété des dispensationalistes qui exercent les droits d'auteurs sur ce terme.

Dans le discours populaire, il se réfère presque toujours à un retrait secret des "vrais croyants" , avant la Tribulation, distinct de la Seconde Venue. Comme le terme d'Enlèvement n'est que rarement utilisé dans les cercle Catholiques, il est facile de voir quelle confusion peur surgir parmi le Catholiques. Mais dans tous les cas l'Enlèvement, comme les dispensationalistes le définissent, est contraire à la foi Catholique.



Israël, tribulation, et Antichrist

Un autre problème est le destin d'Israel. Qu'arrivera t'il à Israël à la fin. Selon le Catéchisme "La venue en gloire du Mesie est suspendue à chaque moment de l'histoire jusqu'à sa reconnaissance par "tout Israël", car "un endurcissement est venu sur une partie d'Israël" dans leur "non-reconnaissance" de Jésus" (CCC 674). L'Eglise, s'appuyant sur Romains 9-11, croit qu'Israël en viendra - d'une manière ou d'une autre- à reconnaïtre le Christ pour qui Il est. Comment ceci va t'il arrriver, n'a pas été dit par l'Eglise.

l'Eglise a aussi dit relativement peu de choses à propos du temps de l'épreuve ou de la tribulation des jours derniers. L'Eglise traversera la grande épreuve, mais nous ne savons pas combien de temps cela va durer. Le Catéchisme déclare, "Avant la Seconde Venue du Christ l'Eglise doit passer dans une épreuve finale qui ébranlera la foi de beaucoup de croyants. La persécution qui accompagne son pélerinage sur terre dévoilera 'le mystère de l'iniquité' sous la forme d'une déception religieuse qui offrira aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix d'une apostasie de la vérité"(CCC 675; voir aussi CCC 2642).
Ce temps d'épreuves sera le commencement des "derniers jours" dans le sens de la fin de l'histoire : "Selon le Seigneur, le temps présents est le temps de l'Esprit et du témoignage, mais aussi un temps encore marqué par la 'détresse" et par le mal qui n'épargne pas l'Eglise et qui introduit les combats des derniers jours. C'est un temps d'attente et d'observation" (CCC 672)

De concert avec cette foi dans un temps d'épreuves finales, l'Eglise enseigne qu'il y a eu de nombreux Antechrists, mais qu'il y aura aussi l'Antechrist qui conduira un système mondial de croyance anti-Chrétienen :
.... La déception religieuse suprême est celle de l'Antechrist, un pseudo-messianisme par lequel l'homme se glorifie lui-même à à la place de Dieu et du Messie venu en chair... La déception de l'Antechrist commence déjà à prendre forme dans le monde à chaque fois que l'on entend l'affirmation que l'on va réaliser au travers de l'histoire que que l'espoir messianique espère, alors que cela ne peut être rélaisé au travers de l'histoire qu'au delà du jugement [de la fin des temps]....(CCC 675, 676)

Cette dernière phrase s'applique à troutes sortes de schémas utopiques qui ignorent la nature déchue de l'homme, la réalité du péché, et le besoin de l'homme du salut par Christ.

Interpréter le livre de l'Apocalyspse

Les interprétations du livre de l'Apocalypse donnent lieu, indubitablement,
aux débats les plus échauffés sur ces passages de la Bible. L'Eglise Catholique n'a pas officiellement interprété les passages difficiles de l'Apocalypse. Mais plusieurs universitaires Catholiques les ont commenté et ont débattu de leurs multiples interprétations ( 8 )

Il existe quatre approches principales du livre de l'Apocalypse : futuriste, prétériste, historiciste, et idéaliste.

Les futuristes croient que la plupart du contenu du livre de l'Apocalypse n'est pas encore accoumpli.
Les prétéristes disent que tout ou presque tout son contenu a été accompli au cours du premiers siècles.
Les historicistes affirment que les évènements décrits dans l'Apocalypse de sont actualisés plusieurs fois au cours des deux derniers millénaires.
Et les idéalistes croient que le livre de l'Apocalypse est allégorique et n'a rien ou que peu à voir avec des évènements historiques (9).

L'Eglise Catholique autorise une très grande palette de possibilités d'interprétations qui incluent des formes de futurisme, prétérisme, historicisme et idéalisme. Par un exemple, un Catholique peut croire que le livre de l'Apocalypse décrit le combat du bien et du mal comme les vivent des chrétiens pris individuellement , ou bien l'Eglise (idéalisme), et faire des assertions prophétiques à propos d'évènements encore à venir (futurisme),et aussi se réfèrer aux évènements qui sont déjà arrivés soit dans le Eglise primitive soit dans l'histoire ultérieure de l'Eglise (prétérisme et historicisme).
La flexibilité Catholique se base sur le fait que l'Ecriture, inspirée par Dieu, a souvent des significations différentes, quoique complémentaires.

Depuis les premiers temps l'Eglise, suivant en ceci l'exemple du Christ et des Apôtres (i.e., Luc 24:25-27; 1 Cor 10:1-4), a compris que l'Ecriture devait avoir des sens différents, un sens littéral et un sens spirituel (CCC 115). Comme l'explique le Catéchisme:le sens spirituel est toujours enraciné dans le sens littéral : "Le sens littéral est la signification portée par les mots de l'Ecriture et découverte par l'exégése qui suit les règles véritables de l'interprétation : 'Tous les autres sens de l'Ecriture Sacrée sont basées sur le sens littéral' " (CCC 116)

Une erreur commune est de considérer que les Catholiques interprètent l'Ecriture - spécialement le livre de l'Apocalypse - "symboliquement", tandis que les Evangéliques l'interprètent "littéralement".
Cet argument a souvent été utilisé pour expliquer pourquoi l'Eglise Catholique rejette un règne terrestre et millénaire du Christ. Quoique peu de "littéralistes" se soucient d'interpréter littéralement les autres images de l'Apocalypse, comme "la Bête", "le dragon", "les sauterelles", et "les quatre cavaliers".


Un dernier mot sur les derniers jours


En conclusion, nous pouvons voir que l'Eglise Catholique dit relativement peu de choses à propos des évènements futurs qui conduisent à la Seconde Venue du Christ. Beaucoup de ses enseignements sont des réfutations (explicites ou implicites) , pas des affirmations, de croyances particulières comme la dichotomie dispensationaliste entre l'Eglise et Israel, l'Enlèvement "secret", et le royaume terrestre et millénaire.

Ce qu'elle enseigne est aussi clair que succint : il y aura une Seconde Venue, un temps d'épreuve que devra endurer l'Eglise, un Antechrist, une conversion d'Israël au Christ, un jugement définitif de tous les peuples, et l'accomplissement du Royaume qui a déjà commencé dans l'Eglise.

En tenant compte de ces paramètres, les Catholiques peuvent explorer librement, fouiller les écritures, et chercher à mieux comprendre la Parole de Dieu.

 

Bibliographie et Réfèrences

1. Le premier livre de la série "Left Behind: A Novel of the Earth's Last Days", a été publié en 1995. Sept livres ont suivi, avec ldes deux derniers
(The Indwelling et The Mark) atteignent le sommet des ventes des livres les mieux vendus (Selon le New York Times, Publishers Weekly, USA Today, et le Wall Street Journal : la série a vendu plus de 30 millions d'exemplaires)

2. Quelques Catholiques avec qui j'ai correspondu ont adopté cette attitude. Un Catholique m'a suggéré de nous focaliser sur les choses positives de la série "Left Behind" et de nous en servir pour évangéliser. Ce correspondant décrit comme "paranoïde" d'essayer de trouver de l'anti-catholicisme dans ces livres.

3.Charles C. Ryrie, un leader des dispensationalistes des quarante dernières années a écrit , "Un dispensationaliste maintient Israël et l'Eglise séparée de manière distincte"(Dispensationalism Today [Chicago: Moody Press, 1965], 44). Il cite Lewis S. Chafer, un autre théologien dispensationaliste éminent : "Le dispensationaliste corit qu'au travers des âges Dieu poursuit deux buts distinc : l'une en relation avec un peuple terrestre et des objectifs terrestres ce qui est le Judaïsme; tandis que l'autre est reliée au ciel avec un peuple céleste et des objectifs célestes, ce qui est la Chrétienté" (Dispensationalism Today, 45).

4. Cette croyance est soutenue par presque tous les dispensationalistes et est basée sur leurs interpréation des prophéties de l'Ancien Testament. Dans son commentaire Revelation Unveiled (Grand Rapids, MI: Zondervan, 1999), Lahaye explique que le prophète Ezechiel "fournit de grands détails en ce qui concerne les détail de la liturgie du Temple, en insistant sur le fait que le système des sacrifices sera réétabli. Ces sacrifices pendant le Royaume millénaire seront à la Nation d'Israël ce que le Repas du Seigneur est à l'Eglise aujourd'hui : un mémorial de ce dont ils ont été sauvés. Aucune oeuvre méritoire ni efficace ne sera éccomplie au travers de ces sacrifices. A la place, ils rappelleront régulièrement à Israël leur Messie crucifié ..." (Revelation Unveiled, 341), ce qui est une conclusion non étayée et totalement inconsistante avec la supposée interprétation "littérale de l'écriture" par Lahaye.


5. Le livre de Lindsey "Late Great Planet Earth" (L'Agonie de Notre Vieille Planète), fut le livre le mieux vendu des années 1970, selon le New York Times. Traduit dans plus de 50 langues, il a vendu plus de 35 millions d'exemplaires. Lindsey a écrit plus de vingt livres et maintient toujours un "profil haut" dans le domaine de la "prophétie biblique".

6. Dans un écrit à propos de St Agustine t du Millenium Fr. Vincent P. Miceli, S.J. constate que "La signification réelle des milles ans est que les saints sont en train de règner avec Christ dans Son royaume l' Eglise. Car l'Eglise est maintenant, aujourd'hui, Son royaume" (The Antichrist [Harrison, NY: Roman Catholic Books, 1981], 74).

7. Une minorité des Fondamentalistes et Evangéliques, des prémillénaristes historiques n'acceptent pas cette distinction dispensationaliste entre Israël et l'Eglise, mais croient qu'il y aura un règne littéral de mille ans du Christ sur Terre.

8. Le commentaire de Navarre est hautement recommandé,Revelation: Texts and Commentaries (Four Courts Press, 1992). Un autre commentaire Catholique très solide est en cours d'impression du Dominicain H. M. Feret's The Apocalypse Explained (Fort Collins, CO: Roman Catholic Books, 1958).

Un commentaire détaillé, commentaire universitaire écrit par le théologien Presbytérien David Chilton is The Days of Vengeance: An Exposition of the Book of Revelation (Fort Worth, TX: Dominion Press, 1987). Chilton a aussi écrit un commentaire plus court, plus populaire, The Great Tribulation (Fort Worth, TX: Dominion Press, 1987).


9. Aussi utile est le volume Revelation: Four Views (Nashville: Thomas Nelson Publishers, 1997), un commentaire parallèle édité par Steve Gregg, un enseignant Evangélique. Un autre travail en relation avec ce dernier est The Meaning of the Millennium: Four Views (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 1977), edité by Robert G. Clouse.


Remerciements


Carl E. Olson. "Are We Living in the Last Days?" The Catholic Faith 5, no. 6 (November/December 2001): 46-47.

This article is reprinted with permission from The Catholic Faith. The Catholic Faith is published bi-monthly and may be ordered from Ignatius Press, P.O. Box 591090, San Francisco, CA 94159-1090. 1-800-651-1531.
THE AUTHOR

Biographie

Carl E. Olson est le directeur de la Catéchèse et de l'Evangéliséliation de l'Eglise de la Nativité de la Mère de Dieu (Eglise Catholique Ukrainienne).




(http://catholiceducation.org/articles/apologetics/www.nativityukr.org) à
Springfield, Oregon.

Sa femme Heather et lui sont des anciens Protestants Evangéliques qui ont été admis dans l'Eglise en 1997. Mariés en 1994, ils ont récemment adopté une petite fille Felicity Rose. Carl détient un Master d'Etudes Théologiques de l'Université de Dallas et a écrit des articles pour This Rock, Envoy et "The Catholic Faith". (La presse catholique américaine).




 

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